Vendredi 20 Octobre 2017

Mis à jour le Ven. 20 Oct. 2017 à 09:43

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Méthodes de travail Théosophique

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Mon expérience de la Société Théosophique m'a permis de noter une tendance de la part de certains membres à s'élever contre les méthodes ou les plans de travail d'autrui, sous le prétexte qu'ils sont peu sages, ou ne conviennent pas, ou que sais-je encore ? Ces objections ne sont pas inspirées par un esprit de discorde, mais proviennent le plus souvent d'un manque de connaissance concernant l'opération des lois qui gouvernent nos efforts.

H.P.B. disait toujours – en suivant les règles formulées par de grands instructeurs – qu'aucune proposition de travail théosophique ne devrait être rejetée ou entravée, tant que le proposant avait le désir sincère d'agir pour le bien du mouvement et de ses compagnons. Naturellement, cela ne signifie pas que des projets clairement mauvais ou pernicieux doivent être entrepris ; mais il est rare qu'un théosophe sincère propose une action mauvaise. Souvent il désire entreprendre un petit travail pour la Société, et il s'en voit empêché par ceux qui pensent que le moment n'est pas favorable, ou que ce n'est une chose raisonnable. Ces objections se basent toujours sur la supposition qu'il n'existe qu'une seule méthode de travail. Par exemple, un membre s'élèvera contre le fait qu'une branche tienne des séances publiques, ouvertes à tous, tandis qu'un autre reprochera l'inverse. Pour d'autres une branche devrait se consacrer essentiellement à la métaphysique, ou plus encore, exclusivement à l'éthique. Quand un membre n'ayant pas beaucoup de capacité propose un travail insignifiant qu'il souhaite réaliser à sa façon, ses compagnons pensent parfois que c'est inutile. La véritable attitude consiste à souhaiter le bon succès de toute tentative sincère en vue de répandre la Théosophie, même si vous n'êtes pas d'accord avec la méthode. Puisque ce n'est pas votre proposition, la question de la méthode ne vous concerne pas. Appréciez le désir de faire du bien et laissez la nature prendre soin des résultats.

Illustrons le sujet par quelques exemples. Un jour à New-York un journal fit paraitre un article totalement faux sur la Théosophie. C'était le récit erroné d'une interview. Tout ce qu'il contenait de vrai était l'adresse d'un dirigeant de la Société Théosophique. Quelqu'un d'hostile à la Société envoya cet article à une personne qui cherchait depuis longtemps à nous connaître. Elle le lut, nota l'adresse et devint l'un de nos membres les plus éminents. En Angleterre, une femme influente désirait trouver l'adresse de la Société, mais n'y parvenait pas. Par hasard, une annonce que certains membres avaient désapprouvé, lui tomba dans les mains et l'informa d'une conférence théosophique qui devait se tenir en un lieu obscure. Elle y alla, assista à la réunion et rencontra des personnes qui la dirigèrent vers la Société. Dans la même ville, un membre qui n'était pas de la haute classe, distribuait à des meetings des cartes indiquant où aller à ceux qui souhaitaient connaître les doctrines théosophiques. Dans plusieurs cas, ces cartes, distribuées sans discernement, amenèrent dans nos rangs d'excellents membres, qui sans cela n'auraient pas eu l'opportunité de trouver la Société. Certainement la plupart d'entre nous aurait considéré qu'une telle distribution de cartes ne méritait pas d'effort.

Il ne convient pas de se limiter à une seule méthode. Chaque homme a un potentiel en lui-même, et ce n'est qu'en agissant selon les directives qui lui sont suggérées intérieurement qu'il peut développer ses propres forces. Nous ne devons ni rejeter une personne, ni interférer dans le travail de quiconque ; car notre devoir est de découvrir ce que nous pouvons faire, sans critiquer les actions d'un autre. Les lois d'action du karma jouent ici un rôle important. Quand nous tentons de juger, selon nos propres critères, la tâche qu'un compagnon s'est proposé de faire, nous entravons, pour un temps, l'avènement des bons résultats de ce travail.

Les facteurs qui permettent et précipitent les résultats, se ramifient dans toutes les directions. Certains de ces facteurs, indispensables à la production des plus grands résultats, sont d'apparence insignifiante et difficile à percevoir. Ces facteurs passent par des hommes, et c'est pourquoi nous devons soigneusement veiller à ce qu'aucune de nos paroles, n'entrave l'opération de ces facteurs. Si chacun d'entre nous accomplit strictement son devoir, nous travaillerons alors tous en harmonie ; car le devoir d'un autre est plein de dangers pour nous. Ainsi, si un membre propose de propager les doctrines théosophiques selon une méthode qui lui paraît sage, souhaitez-lui bon succès, même si sa manière d'agir n'est pas celle qui se serait imposée à votre propre gouverne.

WILLIAM BREHON, M.S.T.

Article de William Q. Judge, publié pour la première fois dans la revue américaine The Path d'Août 1891, sous le pseudonyme de " William Brehon, M.S.T."