Lundi 23 Octobre 2017

Mis à jour le Lun. 23 Oct. 2017 à 09:43

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La Théosophie moderne et le Mouvement Théosophique

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Le divin intérieur
v35 imagee« Il est illogique d’adorer un seul dieu, car, comme le dit la Bible : « Il y a beaucoup de Seigneurs et beaucoup de Dieux ». Par suite, si le culte est désirable, nous avons à choisir entre l’adoration de plusieurs dieux, chacun ne valant pas mieux que l’autre – c'est-à-dire le polythéisme et l’idolâtrie ; ou l’adoration d’un seul dieu de tribu ou de race […] et tout en croyant à l’existence de nombreux dieux, les ignorer et les mépriser, considérant le nôtre comme le plus élevé et le « Dieu des Dieux ».
« Mais ceci n’est pas logiquement soutenable, car un tel Dieu ne peut être ni infini ni absolu, mais doit être limité et conditionné par l’espace et le temps. Au Pralaya [c’est-à-dire, à la fin d’un univers], le dieu de tribu, Brahmâ et tous les autres Devas [dieux] disparaissent et sont absorbés dans l’Absolu. C’est pourquoi, les occultistes n’adorent, ni ne prient aucun dieu, si nous le faisions, nous aurions à rendre un culte à de multiples dieux, ou à prier l’Absolu, qui, n’ayant pas d’attributs, ne peut nous écouter. L’adorateur de nombreux dieux, doit nécessairement être injuste envers tous les autres dieux ; aussi loin qu’il étende son culte, il lui est tout à fait impossible de les adorer tous ; et dans son ignorance, s’il en choisit un en particulier, il se peut fort bien qu’il ne choisisse pas le plus parfait. Il vaudrait donc beaucoup mieux qu’il se souvienne que chaque homme possède un dieu intérieur, un rayon direct de l’Absolu, le rayon céleste de l’Un ; qu’il possède son « dieu » en lui, et non en dehors de lui-même. » - H.P. Blavatsky (citation de la revue Théosophie, vol. III, n°9).
v35 imagef« Selon nous, l'homme intérieur est le seul Dieu que nous puissions connaître. Comment pourrait-il en être autrement ? Accordez-nous notre postulat selon lequel Dieu est un principe infini et universellement présent : dans ces conditions comment l'homme ferait-il exception et pourrait-il ne pas être entièrement pénétré par le Divin et immergé en Lui ? Nous appelons notre « Père qui est dans les cieux » cette essence déifique que nous sentons exister au-dedans de nous, dans notre cœur et notre conscience spirituelle, et qui n'a aucun rapport avec l'anthropomorphisme que notre cerveau matériel et son imagination peuvent s'en former. « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu [l'absolu] habite en vous » ? [Bible, I. Corinthiens, 3, 16.] (7).
« Mais que nul n'aille donner un caractère anthropomorphe à cette essence en nous-mêmes. Que nul théosophe — s'il veut s'attacher à la vérité divine et non à la vérité humaine — ne dise que ce « Dieu qui est dans le secret » est à l'écoute de l'homme fini ou de l'essence infinie, ou qu'il en est distinct, car tout cela ne fait qu'un. Et, comme nous venons de le faire observer, que nul théosophe ne considère la prière comme une pétition. C'est un mystère plutôt, un procédé occulte par lequel les pensées et les désirs finis et conditionnés, qui ne peuvent être assimilés par l'esprit absolu, inconditionné, sont convertis en volitions spirituelles, et en la volonté ; un tel procédé s'appelle « une transmutation spirituelle ». L'intensité de nos aspirations ardentes convertit la prière en la « pierre philosophale », cette pierre qui transmue le plomb en or pur. La seule essence homogène, notre « prière-volonté », devient la force active ou créatrice qui produit des effets selon notre désir. » ‒ H.P. Blavatsky, La Clef de la Théosophie, pp. 83/4.

La mission du Mouvement Théosophique et l’idéal de Fraternité universelle
v35 imageg« Le Mouvement Théosophique fut fondé par la Fraternité dont H.P. Blavatsky est un membre et dont le grand initié, appelé Maître par elle, est l'un des Chefs. Il fut inauguré parmi les peuples d'Occident, par des Occidentaux, les deux agents principaux en étant H.P. Blavatsky, une russe, et H.S. Olcott,, un américain. L'endroit où il fut lancé était aussi occidental : la ville de New York. »
« Bien que cette Fraternité soit ainsi à l'origine de ce Mouvement, il doit néanmoins, en tant que Société, conserver une libre plate-forme, tandis que ses membres gardent individuellement la faculté de prendre et de professer toute croyance que leur conscience approuve, pourvu qu'elle ne milite pas contre la Fraternité Universelle. Dans ces conditions, ils sont parfaitement libres de croire ou non à la Loge de cette Fraternité et à ses messagers, ainsi que d'accepter ou non leurs doctrines concernant l'homme, sa nature, ses pouvoirs et sa destinée, telles que les ont données les messagers au nom de la Loge. »
« Au regard de la grande Loi [d’évolution, ou de progrès spirituel], aucun pays n'est premier ni dernier, ni jeune ni vieux, ni élevé ni bas, mais chacun, au moment voulu, est adapté de façon convenable pour la forme particulière de travail qui demande alors à être accompli. Chaque pays est lié à tous les autres et doit leur venir en aide. »
« Les organisations, comme les hommes, peuvent tomber dans des routines ou des ornières, en ce qui concerne leur action mentale et psychique, et celles-ci, une fois établies, sont difficiles à combler. Pour éviter de telles routines ou ornières dans le Mouvement Théosophique, ses gardiens veillèrent à ce que, de temps à autre, des chocs nécessaires se produisent, comme des obstacles stimulant la solidarité, afin de lui donner cette force qu'acquiert le chêne en luttant contre la tempête, et d'obtenir que soient comblées toutes les ornières, dans le champ du mental, de l'action ou de la pensée. »
« La mission qui lui revient — mission qui a été dans une large mesure confiée à la Société Théosophique — consiste à fournir à l'Occident ce qu'il ne peut en aucun cas obtenir de l'Orient, et donner une large impulsion pour faire lever bien haut, dans la progression circulaire de la vague de l'évolution qui maintenant déferle vers l'Occident, la lumière éclairant chaque homme qui vient dans le monde, la lumière du vrai Soi, qui est le seul Maître véritable pour chaque être humain — tous les autres Maîtres n'étant que des serviteurs de ce vrai Maître unique, en qui toutes les véritables Loges se trouvent en union. »

La portée du Mouvement et les difficultés actuelles du monde moderne
v35 imageh« Quant à la portée plus large de l'œuvre entreprise, c'est une question d'efforts unis de tout l'ensemble des unités. Elle englobe la race [c’est-à-dire, l’humanité] entière et, comme nous ne pouvons échapper à la destinée de la race, nous devons rejeter le doute et persister dans le travail. La race [c’est-à-dire, toute l’humanité], dans son ensemble, se trouve dans une période de transition et beaucoup de ses unités sont retenues en arrière par la condition propre à l'ensemble. Nous trouvons le sentier difficile parce que, appartenant à la race [c’est-à-dire, l’humanité], les tendances générales de celle-ci nous affectent très fortement. Et ce n'est pas en un instant que nous pouvons nous en affranchir. Inutile de nous en lamenter : c'est aussi égoïste, puisque nous-mêmes avons contribué, dans un passé éloigné, à faire que le présent soit ce qu'il est. »
Le rôle d’H.P. Blavatsky
« H.P. Blavatsky était, et est toujours, l'un de ces courageux serviteurs de la Loge Universelle envoyés à l'Occident pour se charger de la tâche, sachant bien, dès le début, le lot inévitable qui l'attendait de souffrance, d'ignominie et d'insulte de la pire espèce — celle qui prend l'âme elle-même pour cible. « Ceux qui ne peuvent la comprendre feraient mieux de ne pas essayer d'expliquer ce qu'elle est ; ceux qui ne se sentent pas la force d'accomplir la tâche qu'elle a définie clairement dès le début feraient mieux de ne pas l'entreprendre » [Citation d'une lettre des Maîtres]. Elle savait qu'il y a eu, depuis de nombreux siècles, une présence permanente de hauts et sages serviteurs de la Loge en Occident, dans le but de l'aider à accomplir sa mission et sa destinée. C'est là le travail que les membres du Mouvement Théosophique feraient bien de poursuivre sans dévier, sans s'agiter, sans tomber dans les extrêmes, sans s'imaginer que la Vérité est une question de longitude ou de latitude ; la vérité de la vie de l'âme ne se cache sous aucun point cardinal spécial ; elle se trouve partout, en tous les points du cercle, et ceux qui ne cherchent que dans une seule direction ne la trouveront pas. »

Chacun doit devenir un centre bienfaisant
v35 imagei« Le seul moyen de changer cette situation est d'agir actuellement de telle sorte que chacun devienne un centre bienfaisant, une force qui contribue à favoriser la « droiture », et qui soit guidée par la sagesse. En raison de la grande puissance des mauvaises qualités collectives, chacun de nous a un combat plus grand à livrer dès qu'il s'efforce d'élever sa nature intérieure au-delà du niveau de la grande masse du monde. Aussi, avant de tenter cette transformation forcée, devrions-nous accumuler, sur le plan inférieur, tout le mérite possible par des actions accomplies avec désintéressement, par de bienveillantes pensées et par le détachement de notre mental des illusoires séductions du monde. »
« Nous devons, chacun d'entre nous, faire de notre être un centre de lumière — une sorte de galerie d'images vivantes, capable de projeter dans la lumière astrale des scènes, des influences et des pensées qui soient à même d'impressionner en bien de nombreux individus, en créant ainsi un nouveau courant, avec, comme résultat final, la perspective de ramener parmi nous tout ce qui est grand et bon, des autres sphères qui s'étendent au-delà de la terre. »

L’influence négative de la lumière astrale
v35 imagej« Cela ne nous rejettera pas du monde mais nous libérera de la grande force que Boehm appelle la « Turba » [c’est-à-dire, la lumière astrale], en désignant par ce mot l'immense pouvoir de la base inconsciente et matérielle de notre nature. Cette base matérielle étant dépourvue d'âme a davantage d'inclination sur ce plan pour les choses inférieures de la vie que pour les supérieures.
« Par conséquent, tant que nous n'avons pas maîtrisé cette force dans une certaine mesure, il est inutile de souhaiter, comme tant d'entre nous le font, voir les Maîtres et être avec Eux. Ils ne sauraient nous aider à moins que nous ne remplissions la condition voulue — et un simple désir n'y suffit pas. La nouvelle condition requiert un changement de pensée et de nature. »

L’époque actuelle est dans un âge de transition
v35 imagek« Ainsi, les Maîtres ont dit que nous étions dans un âge de transition et celui qui a des oreilles pour entendre entendra ce qui a été dit. Nous travaillons pour les cycles et siècles à venir. Ce que nous faisons maintenant dans cet âge de transition est semblable à ce que firent les grands Dhyan-Chohans [entités divines] au point de transition — le point médian de l'évolution — qui a marqué l'époque où toute la matière et tous les prototypes des espèces vivantes étaient encore à l'état fluidique et transitoire. C'est alors qu'Ils fournirent l'impulsion nouvelle pour les formes primitives originales, d'où résulta dans la suite toute l'immense variété des espèces de la nature. Nous sommes actuellement au même point, sous l'angle du développement mental ; et ce que nous faisons maintenant, avec foi et espérance, pour les autres et pour nous-mêmes, donnera un résultat similaire sur le plan vers lequel tout cet effort est dirigé. Ainsi, en d'autres siècles, nous réapparaîtrons pour poursuivre cette tâche. Si nous la négligeons maintenant, tant pis pour nous alors. En conséquence, ce n'est pas en vue d'une organisation particulière des proches années à venir que nous œuvrons, mais pour provoquer un changement dans le Manas et la Buddhi [Âme spirituelle] [Ces mots suggèrent, entre autres, une transformation profonde de la mentalité et de la moralité de l'humanité] de la race. C'est pourquoi, même si l'œuvre peut paraître vague et imprécise, elle est néanmoins très définie et d'une portée immense. Permettez-moi de vous référez à la partie de La Doctrine Secrète [cf. The Secret Doctrine, vol. II, pp. 732-737], écrite par le Maître lui-même, où II donne des explications sur le point médian de l'évolution, en rapport avec les mammifères ongulés. Cela devrait vous donner une idée de ce que nous avons à accomplir, et vous débarrasser de tout vain désir d'aller vivre, à l'époque actuelle, avec nos guides et frères invisibles. Le monde n'est pas exempt de superstition et nous qui en faisons partie en avons certainement conservé quelques traces. »

Une époque où une ombre accompagne toute innovation
v35 imagel« Les Maîtres ont dit qu'une grande ombre accompagne toutes les innovations dans la vie de l'humanité. Le sage se gardera de provoquer trop tôt l'apparition de cette ombre ; il attendra que quelque lumière soit prête à se répandre en même temps, pour dissiper les ténèbres ».
« Les Maîtres pourraient, dès maintenant, donner toute la clarté et la connaissance nécessaires, mais il y a trop de ténèbres qui engloutiraient la lumière, sauf en quelques âmes rayonnantes, et en conséquence une plus grande obscurité se ferait. Beaucoup d'entre nous ne seraient pas capables de saisir ni de comprendre tout ce qui pourrait être donné et il en résulterait pour nous un danger et de nouvelles difficultés en perspective pour d'autres vies, qu'il nous faudrait surmonter dans la douleur et le chagrin. C'est par bonté et par amour que les Maîtres ne nous aveuglent pas avec l'éclair électrique de la vérité complète. »
« Mais, d'une façon concrète, il y a un certain objectif à notre travail général. C'est de lancer une nouvelle force, un nouveau courant dans le monde, grâce auquel de grands Gnani, ou Sages, disparus depuis longtemps de notre sphère, seront à nouveau attirés vers nous pour s'incarner ici et là parmi les hommes, et rétablir ainsi sur terre la vraie vie et les vraies pratiques. Actuellement, un manteau de ténèbres s'étend sur tous les êtres, au point qu'aucun Gnani ne saurait être attiré. De place en place, quelques rayons percent ces ténèbres. Même en Inde, l'obscurité est grande, car là-bas, lorsque la vérité est cachée, le voile épais du dogme théologique obscurcit tout ; et bien qu'il y ait un grand espoir dans ce pays, les Maîtres ne peuvent percer ce voile, pour atteindre le mental qu'il recouvre. »

Travailler à l’union de l’Orient et de l’Occident pour une Fraternité planétaire
v35 imagem« Ce Mouvement a, entre autres, un but que l'on devrait garder présent à l'esprit : c'est l'union de l'Occident et de l'Orient, la renaissance en Orient de la grandeur qui fut sienne jadis, le développement en Occident d'un Occultisme qui lui soit approprié, afin qu'il puisse, à son tour, tendre une main secourable aux races de sang plus ancien qui, avec le temps, ont pu finir par s'enfermer dans des conceptions rigides et se dégrader spirituellement. »
« Depuis de nombreux siècles, cette union a été graduellement préparée, et des travailleurs ont été envoyés en Occident pour en jeter les fondements. Mais ce ne fut pas avant 1875 qu'un large effort public put être tenté et c'est alors que naquit la Société Théosophique, parce que les temps étaient mûrs et que les travailleurs étaient prêts »
« Nous devons éduquer l'Occident afin qu'il puisse apprécier les possibilités de l'Orient, et qu'ainsi, sur la structure d'attente qui existe en Orient, puisse être édifié un nouvel ordre de choses pour le plus grand bien de tous. »
« Ce n'est pas le désir de la Loge d'amener les membres à penser qu'ils doivent suivre les méthodes de l'Orient, adopter les habitudes de l'Orient, ni prendre comme modèle, ou comme but final, l'Orient actuel. L'Occident a sa propre tâche et son devoir à accomplir, sa vie et sa ligne de développement particulière : c'est dans son domaine propre d'activités, d'aspirations et de réalisations qu'il lui appartient d'œuvrer, sans se précipiter vers d'autres champs d'expériences, où c'est le devoir d'autres hommes de remplir leur tâche. »

Garder foi et confiance dans l’avenir
v35 imagen« Soyons donc pleins de foi et de confiance. Voyez combien d'individus ont essaimé, au fil du temps, de votre centre vers bien des destinations lointaines, et combien continueront à le faire, pour le bien et le profit de l'homme en tout lieu. Ils sont allés dans toutes les directions, et il doit s'ensuivre que même si un jour le centre doit se disloquer, pour des raisons indépendantes de votre volonté, son pouvoir et sa réalité ne seront nullement détruits mais subsisteront toujours, même si d'aventure tout en est finalement dispersé — pour ce qui est des briques et du ciment. »
« Ce n'est pas le désir de la Fraternité que ceux des membres du Mouvement Théosophique qui, comme c'est leur droit, ont adopté une croyance dans les messagers et leur message, partent en pèlerinage vers l'Inde. On ne peut tenir H.P. Blavatsky pour responsable de cette idée, et elle ne l'a pas souhaitée davantage.

Accepter les difficultés de la vie
v35 imagep« Les difficultés et les frictions accompagnent l'existence, et si tout marchait sans histoire et parfaitement, tout le temps, nous n'aurions rien à faire. Notre mouvement est un mouvement de réforme qui s'attaque au caractère profond de la race humaine et par conséquent nous ne sommes pas parfaits, et les autres membres de la race non plus. Avez-vous jamais réfléchi à cette question : « Que feriez-vous si tous les idéaux relatifs à l'homme étaient réalisés, si l'altruisme était universel ? » Nous devrions émigrer sur quelque autre planète plus mauvaise afin que nos sentiments y trouvent leur expression. Ainsi donc nous devrions accepter toutes les difficultés comme faisant partie du travail quotidien et nous efforcer d'amener le plus grand nombre possible de personnes, y compris nous-mêmes, à être prêts à aider. »

(Extraits des Lettres qui m’ont aidé, pp. 102, pp. 105-109, pp. 205-6)

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