Lundi 23 Octobre 2017

Mis à jour le Lun. 23 Oct. 2017 à 09:43

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Nos Trois Buts - II. Orient : Philosophie, littérature, etc.

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Index de l'article
Nos Trois Buts
I. La Fraternité
II. Orient : Philosophie, littérature, etc.
III. Occultisme
Notes
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II. Orient : Philosophie, littérature, etc.

Ceux qui ne connaissent pas l'Inde ni les hindous ne peuvent se faire une idée de l'état d'esprit qui régnait parmi la jeune génération des natifs du pays instruits à l'école, primaire et secondaire, vis-à-vis de leur religion ancestrale lorsque nous sommes arrivés là-bas, il y a dix ans. L'attitude mentale de matérialisme et d'incroyance, concernant la religion dans l'abstrait, qui prévaut dans les universités occidentales avait été communiquée aux établissements scolaires de divers degrés en Inde par leurs diplômés, les professeurs européens occupant les différentes chaires dans lesdites institutions d'enseignement. Les livres scolaires entretenaient cet esprit, et les hindous instruits étaient entièrement sceptiques en matière religieuse : ils ne suivaient les rites et observances du culte national que pour des considérations de nécessité sociale. Quant aux écoles et collèges secondaires des missionnaires, leur seul effet était d'engendrer le doute et le préjugé contre l'hindouisme et toutes les religions, sans pour autant rapporter de l'estime au christianisme, ou obtenir des conversions. Le remède à cet état de choses consistait, bien sûr, à attaquer la citadelle du scepticisme, du prétendu savoir de la science, et à mettre en évidence la base scientifique de la religion en général et de l'hindouisme en particulier. Cette tâche fut entreprise dès le début et poursuivie jusqu'à la victoire - résultat qui s'impose à tout voyageur s'informant de l'état actuel de l'opinion indienne. Le changement a été remarqué par un grand nombre de personnalités, dont sir Richard Temple, sir Edwin Arnold, Mrs. W.S. Caine (membre du Parlement), Lady Jersey, sir Monier-Williams, le Primat des Indes, les évêques et archidiacres de toutes les Présidences, les organes des différentes sociétés missionnaires, les principaux et professeurs de leurs collèges, les correspondants de journaux européens, une multitude d'auteurs et de rédacteurs indiens, des congrès de pandits (érudits) sanskritistes ; et il a été salué en termes de fervente gratitude dans une foule de discours prononcés devant le colonel Olcott au cours de ses voyages prolongés. Sans exagérer, ni risquer d'être contredit, on peut affirmer que les efforts de la Société Théosophique en Inde ont infusé une vitalité nouvelle et vigoureuse dans la philosophie hindoue, ravivé la religion de ce pays, regagné l'adhésion de la classe instruite aux croyances ancestrales, créé un enthousiasme pour la littérature sanskrite qui se manifeste de façon diverses : republication de documents anciens comme encyclopédies, textes religieux et commentaires, fondation de nombreuses écoles de sanskrit, reconnaissance et soutien du sanskrit par des Princes locaux, etc. En outre, par les moyens mis en œuvre et les foyers actifs établis dans ce domaine littéraire, la Société a répandu dans le monde entier une connaissance de la philosophie aryenne et un intérêt pour elle.

Les répercussions de ce travail se manifestent dans la demande populaire de littérature théosophique et l'intérêt pour les romans et récits de revues illustrant des idées de l'Orient. Un autre effet important est la modification, sous l'influence de la philosophie orientale, des conceptions des spirites, nettement amorcée en ce qui concerne l'origine d'un aspect de l'intelligence qu'on trouve à l'œuvre derrière les phénomènes médiumniques. Un autre effet encore est l'adhésion à notre Société de Mme Annie Besant, poussée à abandonner les rangs du sécularismes (4) par l'étude de la doctrine ésotérique ― un événement lourd des plus importantes conséquences, à la fois pour la Société Théosophique, le sécularisme et le public en général. Des noms sanskrits qu'on n'avait jamais entendus auparavant en Occident sont devenus familiers pour les lecteurs, et des œuvres comme la Bhagavad-Gîtâ sont maintenant disponibles dans les librairies d'Europe, d'Amérique et d'Australasie.

Ceylan a été témoin d'une renaissance du bouddhisme, avec la mise en circulation de livres religieux par dizaines de milliers, la traduction de l'ouvrage [du colonel Olcott] Buddhist Catechism en de nombreuses langues de l'Orient, de l'Occident et du Nord, la fondation d'écoles secondaires théosophiques à Colombo, Kandy et Ratnapura, ainsi que de près de cinquante écoles primaires pour enfants bouddhistes, sous la supervision de notre Société, la Création d'un jour de congé comme Fête Nationale bouddhique accordée par le Gouvernement, avec d'autres privilèges importants, le lancement d'un journal bouddhique bihebdomadaire édité à Colombo en langue locale, et d'un autre en anglais, l'un et l'autre étant composés, imprimés et publiés par la propre imprimerie de la Société. Également, Ceylan nous a vus ramener du Japon sur son sol sept jeunes prêtres bouddhistes intelligents pour apprendre le pâli sous l'égide du vénérable grand-prêtre Sumangala, afin de pouvoir exposer à leurs compatriotes le canon bouddhique tel qu'il existe dans l'Ecole du Sud, vingt-cinq siècles après le nirvâna du Bouddha.

On ne saurait donc mettre en doute ou nier le fait que, au cours de ses quatorze premières années d'existence, la Société Théosophique ait réussi, dans une mesure dépassant toute attente, à réaliser les deux premiers de ses trois buts déclarés. Elle a donné la preuve que ni race, ni croyance, ni couleur, ni vieilles antipathies n'étaient des obstacles insurmontables à la diffusion de l'idée d'altruisme et de fraternité humaine, même si cela a pu passer pour un rêve utopique aux yeux de théoriciens considérant l'homme comme un problème purement physique, en ignorant son soi intérieur, plus élevé et plus vaste. top-iconRetour en Hauttop-icon