Lundi 23 Octobre 2017

Mis à jour le Lun. 23 Oct. 2017 à 09:43

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Les animaux ont-ils une âme ? - Chapitre I - Page 3

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Les animaux ont-ils une âme ?
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Notes
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À cela un logicien candide pourrait répondre que, si la Bible doit être notre autorité sur ce point délicat, il ne s'y trouve pas la moindre preuve que le lieu de naissance de l'homme se trouve au Ciel, plus que celui de la dernière des bêtes rampantes ― bien au contraire, car, dans la Genèse, nous trouvons que si Dieu a créé « 'l'homme »', et « les » a bénis (1,27-28), de même, il a créé « les grandes baleines » et « les a bénies » (I, 21-22). En outre, « le Seigneur Dieu a formé l'homme de la poussière du sol » (2, 7) : la poussière est assurément de la terre pulvérisé, n'est-ce pas ? Salomon, le roi et prédicateur, est bien certainement une autorité ; il passe aux yeux de tous pour avoir été le plus averti des sages bibliques : dans l'Ecclésiaste, il prononce une série de vérités qui auraient dû à ce moment régler toute discussion sur le sujet. Il déclare, dans le chapitre 3 : « Au sujet des enfants des hommes, Dieu veut leur faire connaître et voir qu'ils sont quant à eux-mêmes des bêtes » (v. 18), « le sort des enfants des hommes et le sort de la bête sont communs aux deux » [...] « l'homme n'a nulle supériorité sur la bête » (v. 19), « tous deux vont au même lieu, les deux viennent de la poussière et les deux retournent à la poussière » (v. 20), « et qui sait si l'esprit de l'homme va vers le haut et si l'esprit de la bête descend en bas vers la terre » (v. 21). En effet, « qui sait » ? En tout cas, ce n'est ni la science ni la « divine école » [scolastique].

Si ces lignes avaient pour but de prêcher le végétarisme, sur l'autorité de la Bible ou du Veda, ce serait tâche très facile. Car, s'il est bien vrai que l'Adam mâle-femelle du premier chapitre de la Genèse (qui n'a guère à voir avec notre ancêtre sous la coupe de sa femme, du deuxième chapitre) a reçu de Dieu « domination sur toute créature vivante », nous ne trouvons nulle part que le « Seigneur Dieu » ait commandé à l'Adam ou à l'autre de dévorer la création animale ou de la détruire, histoire de se distraire. C'est tout le contraire. Car, désignant le règne végétal et le « fruit d'un arbre portant semence », Dieu déclare sans ambages : « Ce sera pour vous (les hommes) votre nourriture » (Genèse, 1, 29).

Si vive était la conscience de cette vérité parmi les premiers chrétiens que, pendant les premiers siècles, ils ne touchèrent jamais à la viande. Dans son ouvrage Octavius, Tertullien écrit à Minucius Felix :

« ... il ne nous est pas permis de voir ni d'entendre relater (novere) [Plus probablement : noscere, prendre connaissance de quelque chose, ou mieux, audire, entendre parler de quelque chose] un homicide, nous chrétiens, qui refusons de goûter à des mets où du sang animal a pu être mélangé. » [Ce passage forme la dernière phrase du chap. XXX de l'Octavius, dont l'auteur est, en réalité, Minucius Felix. À noter que Tertullien, défenseur du christianisme comme Minucius Felix, a abordé le même sujet dans son Apologétique (chap. IX). Le texte de l'Octavius est ainsi libellé : « Notre loi divine ne nous permet ni de voir ni d'entendre relater (audire) un homicide, et nous nous gardons à tel point du sang humain, que nous n'admettons dans nos aliments même pas le sang d'animaux comestibles ». Voir à ce propos, Lévitique (17, 10-14) : « La vie de toute chair est dans le sang... vous ne mangerez le sang d'aucune chair... quiconque en mangera sera retranché... »].

Mais l'auteur ne prêche pas le végétarisme en défendant simplement les « droits de l'animal » et en tâchant de montrer ce qu'il y a de fallacieux à mépriser ces droits sur l'autorité de la Bible. De plus, argumenter avec ceux qui voudraient raisonner sur la base d'interprétations erronées serait tout à fait inutile. Quiconque rejette la doctrine de l'évolution trouvera toujours sa route pavée de difficultés ; en conséquence, il n'admettra jamais qu'il serait bien plus conséquent, avec les faits et la logique, de considérer l'homme physique simplement comme le parangon [le modèle idéal] reconnu des animaux, et l'Ego spirituel qui l'anime comme son principe à mi-chemin entre l'âme de l'animal et la déité. Il serait vain de lui dire qu'à moins d'accepter non seulement les versets qu'il cite pour se justifier mais aussi toute la masse de contradictions et d'apparentes absurdités qui s'y trouvent, il n'obtiendra jamais la clef de la vérité ― car il n'y croira pas. Pourtant, toute la Bible est pleine de l'idée de charité envers les hommes et de miséricorde et amour envers les animaux. Le texte hébreu original du Lévitique (chap. 24) est, ici très éloquent. Au lieu de la traduction courante du verset 18 : « Et celui qui frappera mortellement une bête la remplacera, bête pour bête ». Dans l'original ; on lit : « Vie pour vie » (1), ou plutôt « âme pour âme », nephesh ta 'hat nephesh (2). Et si la rigueur de la loi n'allait pas jusqu'à tuer ― comme à Sparte ― l'« âme » d'un homme pour le prix de l'« âme » d'une bête, même si le fautif remplaçait l'« âme » tuée par une vivante, une lourde punition lui était infligée par surcroît.

Mais ce n'est pas tout. Dans l'Exode (20, 10 et 23, 11-12), le repos imposé le jour du sabbat s'étendait au bétail et à tous autres animaux, « Le septième jour est un sabbat (3) [qui appartient à Yahweh] : tu ne feras aucun travail, ni toi... ni ton bétail ». [Quant à l'année de sabbat, le texte prescrit : « Pendant six années, tu ensemenceras la terre et en récolteras les produits, mais [...] la septième année, tu la laisseras en jachère et en abandonneras les fruits... [les bêtes des champs mangeront ce qui restera]. « Le septième jour, tu te reposeras afin que ton bœuf et ton âne se reposent eux-mêmes ». Si tout cela a un sens, on peut y voir la preuve que les anciens Hébreux n'excluaient même pas la création animale d'une participation au culte rendu à leur déité et qu'en maintes occasions elle était tenue au même niveau que l'homme. Toute la question repose sur la conception erronée que l'« âme », nephesh est entièrement distincte de l'esprit, rua'h (4). Et cependant, il est clairement indiqué que « Dieu insuffla dans les narines (de l'homme) le souffle de vie et il devint une âme vivante », nephesh, ni plus ni moins qu'un animal, car l'âme d'une bête est appelée aussi nephesh. C'est en se développant que l'âme devient esprit, ces deux termes renvoyant aux -degrés inférieur et supérieur d'une seule et même échelle dont la base est l'ÂME UNIVERSELLE ou Esprit. top-iconRetour en Hauttop-icon