Lundi 23 Octobre 2017

Mis à jour le Lun. 23 Oct. 2017 à 09:43

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Les animaux ont-ils une âme ? - Chapitre III - Page 3

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Les animaux ont-ils une âme ?
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L'apôtre commence par dire (Rom, 8, 16-17) que « l'Esprit lui-même » (Paramâtma) « rend témoignage à notre esprit » (âtman) « que nous sommes enfants de Dieu » ; et « si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers » ― héritiers bien sûr de l'éternité et de l'indestructibilité de l'essence éternelle ou divine en nous-mêmes. Ensuite, il nous dit (8, 18) :

« Les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée en nous. »

La « gloire », nous l'affirmons, n'est pas une « nouvelle Jérusalem », symbolique représentation du futur dans les révélations kabbalistiques de l'Apocalypse de st Jean, mais qualifie les périodes de devachan [état posthume subjectif de grande félicité de l'âme] et la série des renaissances dans les races successives, au long desquelles, après chaque nouvelle incarnation, nous nous trouverons à un degré plus élevé, et plus parfaits, physiquement comme spirituellement, et au bout desquelles, finalement, nous deviendrons tous les « fils » et les « enfants de Dieu » lors de la « dernière Résurrection » ― que les gens l'appellent chrétienne, nirvânique ou Parabrahmique, qu'importe puisque tous ces noms désignent une seule et même chose. Car, vraiment (8. 19),

« Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. »

La créature (33) attend avec un ardent désir la manifestation des fils de Dieu. Par créature, il faut entendre l'animal, comme il sera démontré plus loin sur l'autorité de st Jean Chrysostome. Mais qui sont ces « fils de Dieu » dont toute la création attend avec impatience la manifestation ? Sont-ils les « fils de Dieu » au milieu de qui « Satan est venu aussi » (voir Job, 1,6-2,1) ? Ou les sept anges de l'Apocalypse ? Désignent-ils seulement des Chrétiens, ou les « fils de Dieu » du monde entier [Voir Isis Dévoilée, vol. I.] ? Une telle « manifestation » est promise à la fin ,de chaque manvantara (34), ou période de monde, par les Ecritures de chaque grande religion, et dans nulle autre aussi clairement que dans les Veda ― à l'exception de ce que doilent les interprétations ésotériques de ces Ecritures. Dans les Veda, il est dit qu'à la fin de chaque manvantara vient le pralaya, ou la destruction du monde ― dont une seulement est connue des chrétiens, et attendue par eux ― à laquelle ne survivront que les shishtâ (ou restes) : sept Rishis et un guerrier, avec tous les germes pour servir à la prochaine vague ou marée [de Vie] de la Ronde suivante (35). Mais la question importante qui nous préoccupe ici n'est pas de savoir si c'est la théorie chrétienne, ou l'hindoue, qui est la plus correcte, mais de montrer ce qui suit : en enseignant que les germes de toutes les créatures sont préservés, lors de la destruction totale, périodique et temporaire, de toutes les choses visibles, avec les « fils de Dieu », ou les Rishis, qui se manifesteront à l'humanité future, le Brâhmane ne dit rien d'autre que ce que prêche st. Paul lui-même. L'un et l'autre associent toute vie animale à l'espérance d'une nouvelle naissance et d'une rénovation dans un état plus parfait, lorsque toute créature qui, pour l'heure, « attend avec un ardent désir », se réjouira à la « manifestation des fils de Dieu ». Parce que, comme l'explique st. Paul,

La créature elle-même (et ipso creatura) sera aussi délivrée de la servitude de la corruption.

Autrement dit, le germe ou l'âme animale indestructible, qui n'atteint pas l'état de devachan tant que cette âme est dans sa condition élémentaire, ou animale, accédera à une forme supérieure et continuera, en même temps que l'homme, à progresser jusqu'à des états et des formes plus élevés, pour terminer ― animal et homme, tout ensemble ― dans « la glorieuse liberté des enfants de Dieu » (8, 21).

Et cette « glorieuse liberté » ne peut s'atteindre que par l'évolution, ou le progrès karmique, de toutes les créatures. La bête privée de parole, après avoir évolué depuis le stade de la plante à moitié sensible, doit parvenir à se transformer, par degrés, en homme, esprit, Dieu, etc., ad infinitum. Car, dit st. Paul (8, 22),

« Nous savons [« nous », les Initiés] que la création tout entière [omnis creatura (créature) dans la Vulgate] gémit et souffre les douleurs de l'enfantement jusqu'à maintenant. » (36)

C'est dire sans ambages que l'homme et l'animal sont à la même enseigne, pour ce qui est de souffrir, dans leurs efforts évolutifs vers le but, et en accord avec la loi karmique. Mais l'expression « jusqu'à maintenant » veut dire jusqu'à la cinquième Race. Pour éclairer encore son propos, le grand Initié chrétien donne l'explication suivante (8, 23) :

« Et ce n'est pas elle [la créature] seulement mais nous aussi, nous qui avons les prémices de l'Esprit, gémissons en nous-mêmes, dans l'attente de l'adoption, la rédemption de notre corps. »

Oui, c'est nous, les hommes, qui avons les « prémices de l'Esprit » ― la lumière directe de Parabrahm, l'Âtma ou le 7e principe en nous-mêmes, grâce à la perfection de notre 5e principe, Manas, qui est bien moins développé dans l'animal. Cependant, en compensation, leur karma est bien moins lourd que le nôtre. Mais ce n'est pas une raison pour qu'ils ne puissent atteindre un jour la perfection qui doit conférer à l'homme pleinement évolué la forme Dhyan-chohanique. top-iconRetour en Hauttop-icon