Lundi 23 Octobre 2017

Mis à jour le Lun. 23 Oct. 2017 à 09:43

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Articles de H.P. Blavatsky

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Helena Petrovna Blavatsky (1831 - 1891) ou Madame Blavatsky fut sans conteste la femme la plus extraordinaire du 19e siècle. Née d'une famille de la grande noblesse russe, elle entreprendra pendant plus de 20 années, une série d'interminables voyages autour de la terre. Elle rencontra d'authentiques maîtres spirituels. Au contact de ces maîtres, en Inde et surtout au Tibet, elle découvrit ce qu'elle allait appeler la Théosophie, philosophie ésotérique représentant la Tradition commune à toutes les religions.Elle consacra toutes ses forces à propager cette philosophie qui pour elle devait servir à unir les hommes, au-delà des sectarismes.

En fondant avec quelques amis, dont le Colonel Henry S. Olcott et William Q. Judge, la Theosophical Society (Société Théosophique) à New York, en 1875, elle lançait ce qui allait devenir un grand mouvement planétaire de renouveau, dans le domaine philosophique, humaniste et spirituel.

Mme Blavatsky a laissé une œuvre écrite considérable comprenant un millier d'articles et plusieurs ouvrages majeurs : Isis Dévoilée ; La Doctrine Secrète ; La Clef de la Théosophie ; La Voix du Silence ; Raja Yoga ou Occultisme ; Les Cinq messages ; Les rêves et l'éveil intérieur (de H.P. Blavatsky et W.Q. Judge)

De nombreux articles de Blavatsky sont accessibles en ligne.

Elle décède le 8 mai 1891 à Londres (Angleterre).

Note : L'epérience de l'Âme

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L’expérience de l’âme implique la connaissance du monde de l’Esprit et celui de la Matière sur chacun des sept plans de l’univers.

Les principes causalité dans l’univers
« L’idée que les choses puissent cesser d’exister et cependant ÊTRE est une concept fondamental de la psychologie de l’Orient. Le point important, derrière cette apparente contradiction dans les termes, concerne un fait de la Nature qu’il est important de saisir par le mental, sans argumenter sur les mots.
« Brahmâ (ou Hari) est le dieu à quatre faces, qui après avoir tiré la Terre des eaux, et « accomplit la création », ne demeure que la cause instrumentale, et, de manière clairement implicite, il n’est pas la Cause idéale. […]
« Ainsi Brahmâ est la cause des potentialités qui doivent être générées avant le travail de « création ». […] Si dans le Védanta et le Nyama, nimitta est la cause efficiente, opposée à la l’upadana, la cause matérielle, (et dans le Sankhya, pradhana, unit les deux fonctions) ; la philosophie Ésotérique, réconcilie tous les systèmes, et sa doctrine est celle qui est la plus proche du Védanta des Advaïtins (l’Advaïta védanta), à savoir qu’on ne peut spéculer que sur l’upadana ; ce qui représente dans l’esprit du Vishishtadvaita l’idéal opposé au réel – ou Parabrahm et Ishvara – qui ne peut trouver de place dans les spéculations publiées, puisque même cet idéal est mal nommé, quand il désigne ce qu’aucune raison humaine, même celle d’un adepte, ne peut concevoir. » ‒ Traduit de The Secret Doctrine, I, pp. 54/55.

Le déploiement de la Vague de Vie - Lumière
« Tous les êtres sensibles complets [hommes au septénaire complet ou êtres supérieurs] sont pourvus, à leurs commencements, de formes et d'organismes en complète harmonie avec la nature et l'état de la sphère qu'ils habitent.
« Les Sphères de l'Être, ou centres de vie, qui sont des noyaux [nuclei] isolés qui engendrent leurs hommes et leurs animaux, sont innombrables ; pas une ne ressemble à ses compagnes-soeurs, ni à aucun autre au sein de sa propre descendance particulière.
« Tous ont une double nature, physique et spirituelle.
« Les nucléoles sont éternels et durent à jamais ; les noyaux, périodiques et finis. Les nucléoles font partie de l'absolu. Ils sont les embrasures dans cette forteresse noire et impénétrable, qui reste à jamais cachée de la vue humaine ou même Dhyânique. Les noyaux [nuclei] sont la lumière d'éternité qui s'en échappe.
« C'est cette LUMIÈRE qui se condense pour donner les formes des ‘Seigneurs de l'Être’' — dont les premiers et plus élevés constituent, collectivement, JIVATMA, ou Pratyagātma [que l'on dit être issu figurativement de Paramâtma. C'est le Logos des philosophes grecs — qui apparaît au début de chaque nouveau Manvantara]. De ceux-ci sont formées en descendant — à partir des ondes [waves] de cette lumière qui se consolident toujours plus, qui devient sur le plan objectif la matière grossière — les nombreuses hiérarchies des Forces Créatrices, certains sans forme, d'autres ayant leur propres formes, d'autres encore les plus inférieures (les Elémentaux), n'ayant aucune forme propre mais adoptant une forme en fonction des conditions environnantes.
« Ainsi il n'y a qu'un Upadhi [base] Absolu dans le sens spirituel, à partir duquel, sur et dans lequel SOI construits pour les besoins du Manvantara les innombrables centres basiques sur lesquels s'appuient pour se dérouler les Evolutions universelle, cyclique et individuelles pendant la période d'activité. » ‒ Traduit de The Secret Doctrine, II, pp. 33/34.

L’univers et la conscience
« Au point de vue de la métaphysique la plus haute, l'Univers entier, y compris les Dieux, est une illusion (Mâyâ). Mais l'illusion de celui qui n'est lui-même qu'une illusion, varie sur chaque plan de conscience et nous n'avons pas plus le droit de dogmatiser sur la nature possible des facultés de perception d'un Ego du sixième plan, par exemple, que nous n'avons le droit d'identifier nos perceptions avec celles d'une fourmi, ou de les prendre pour type de son mode de conscience. L'Idéation Cosmique centrée dans un Principe, ou Oupâdhi (Base), a pour résultat la conscience de l'Ego individuel. Sa manifestation varie suivant la nature de l'Oupâdhi. Avec celui que nous appelons Manas, par exemple, elle se manifeste comme Conscience Mentale ; avec Bouddhi, formée d'éléments plus finement différenciés (sixième état de la matière) et ayant pour base l'expérience de Manas, elle se manifeste sous forme d'un courant d'Intuition Spirituelle.
« Le pur Objet, séparé de la conscience, nous est inconnu, tant que nous vivons sur le plan de notre monde à trois dimensions, car nous ne connaissons que les états mentaux qu'il suscite dans l'Ego qui le perçoit. Et tant que durera le contraste entre le Sujet et l'Objet – c'est-à-dire tant que nous ne jouirons que de nos cinq sens et que nous ne saurons pas comment dégager notre Ego, qui perçoit tout, de l'esclavage de ces sens – il sera impossible à l'Ego personnel de rompre la barrière qui le sépare d'une connaissance des "choses-en-soi" ou Substance.
« Cet Ego, progressant suivant un arc de subjectivité ascendante, doit épuiser l'expérience de chaque plan. Mais avant que l'Unité soit noyée dans le TOUT, que ce soit sur ce plan ou sur tout autre, et avant que Sujet et Objet ne disparaissent tous deux dans l'absolue négation de l'Etat Nirvânique – négation, rappelons-le, par rapport à notre plan seulement – on ne pourra pas gravir ce sommet de l'Omniscience qui est la connaissance des choses-en-soi, et approcher de la solution de l'énigme plus terrible encore, devant laquelle le plus haut des Dhyân Chohan lui-même doit se prosterner silencieusement sans comprendre – de l'Indicible Mystère, de ce que les Védantins appellent PARABRAHMAN.
« Aussi, les choses étant ce qu'elles sont, tous ceux qui ont essayé de donner un nom au Principe Inconnaissable l'ont simplement dégradé. Parler même de l'Idéation Cosmique – sauf dans son aspect phénoménal – équivaut à essayer d'emmagasiner le Chaos primordial, ou de coller une étiquette sur l'ÉTERNITÉ. » ‒ Extrait de La Doctrine Secrète (Éd. Adyar, Vol. II, pp. 34-35)

Origine physique et spirituelle de l’homme
« Je vous ai entendu dire que l'identité de notre origine physique est prouvée par la science, et celle de notre origine spirituelle par la Religion-Sagesse. Cependant les darwinistes ne font pas montre d'une grande affection fraternelle. C'est parfaitement vrai. C'est justement ce qui montre l'insuffisance des systèmes matérialistes et qui prouve que c'est nous, théosophes, qui avons raison. Savoir que nous avons une même origine physique ne stimule pas en nous des sentiments plus élevés et plus profonds. La matière, privée de son âme et de son esprit, c'est-à-dire de son essence divine, ne peut parler au cœur humain. Mais l'identité de l'âme et de l'esprit, de l'homme réel et immortel, ainsi que la Théosophie nous l'enseigne, une fois démontrée et bien enracinée dans notre cœur, devrait nous conduire loin sur le chemin de la vraie charité et de la bienveillance fraternelle.
« Mais comment la Théosophie explique-t-elle l'origine commune de l'humanité ? En enseignant que la racine de toute la Nature, objective et subjective, et de tout ce qui peut exister d'autre dans l'univers, visible et invisible, est, a été, et sera toujours une essence unique absolue, d'où tout émane et au sein de laquelle tout retourne. Telle est la philosophie aryenne, qui n'est complètement représentée que dans les systèmes védantique et bouddhique. Avec cet objet en vue, c'est le devoir de tous les théosophes de contribuer par tous les moyens pratiques, et dans tous les pays, à répandre une éducation non sectaire. » ‒ Extrait de La Clef de la Théosophie, p.57.

Le Bien et le Mal
« Le Bien et le Mal ne sont que les deux pôles d'une même chose. Dans l'Absolu, le Mal est ainsi la même chose que le Bien. Celui qui possède la connaissance absolue peut voir à la fois le Bien et le Mal, mais il ne ressent pas le Mal comme une chose dont il faut s'éloigner, aussi lui faut-il l'appeler simplement l'autre pôle […]. L'expérience, nous devons en avoir, et si nous l'acceptons quand elle nous arrive, nous sommes sages. C'est-à-dire que, tout en nous efforçant de faire tout notre devoir envers le monde et nous-mêmes, nous n'avons pas à revivre le passé par de vains et nuisibles regrets, ni à condamner quiconque, quels que soient ses actes, puisque nous ne pouvons pas en connaître la véritable cause. Nous ne sommes pas karma, nous ne sommes pas la Loi, et condamner un homme c'est nous rendre coupable de cette sorte d'hypocrisie qu'elle condamne si profondément. Si la Loi laisse vivre un homme, c'est la preuve qu'il n'a pas encore été jugé par cette autorité supérieure. Cependant, nous devons garder et nous garderons en tout temps notre faculté de discernement.
« Quand à s'élever au-dessus du Bien et du Mal, cela ne signifie point faire le mal, bien sûr. Mais, en fait, il ne peut exister ni Bien ni Mal réels ; si notre but est juste, nos actes ne peuvent être mauvais. Ajoutez à cela que tous les actes sont morts, une fois accomplis ; c'est dans le cœur qu'ils sont conçus et ils s'y trouvent déjà exécutés : leur réalisation physique est en elle-même une chose morte. Ainsi, nous pouvons faire une action supposée bonne, qui assurément apparaîtra telle, vue de l'extérieur, et cependant, dans la mesure où notre motif est peut-être mauvais, l'acte est nul, bien que l'intention compte.
« Le grand Dieu a tout fait, le Bien comme le Mal. Entre autres choses, il y a celles qui semblent mauvaises, mais Il ne doit pas en être affecté pour autant. Si nous suivons la Bhagavad-Gîtâ, chapitre III, nous ne devons accomplir que les œuvres que nous croyons bonnes, comme une offrande à Dieu et non pour nous-mêmes, et, si nous sommes désintéressés vis-à-vis des conséquences, ce n'est pas notre affaire si celles-ci paraissent bonnes ou mauvaises. Comme le cœur et le mental sont les plans réels de l'erreur, il est clair que nous devons veiller à accomplir tous les actes simplement parce qu'ils sont là pour être faits. Il nous reste alors la difficulté de nous séparer de l'acte. » ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, pp. 33/35.
« Le mal n'est pas non plus en nous, mais dans notre ignorance ; c'est là l'une des grandes illusions de la Nature. Toutes ces illusions portent l'âme à faire des expériences dans la matière, jusqu'à ce qu'elle ait clairement pris connaissance de chaque partie : ensuite, il lui faut apprendre à connaître l'ensemble — et tout à la fois — ce qu'elle ne peut accomplir qu'en opérant sa réunion avec l'Esprit, le Suprême, ou la Divinité. » ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, pp. 36/37.

La purification et l’élévation de l’âme
« Quant à l'âme immortelle — le Spectateur — elle n'a aucune participation à l'action mauvaise ; c'est seulement la personnalité, la partie élémentaire de l'âme, qui a péché. Tout ce qui retient l'âme attachée à l'existence matérielle est mal, c'est pourquoi nous ne pouvons pas distinguer l'un de l'autre. Le seul bien ultime c'est l'Unité ; et, en réalité, rien d'autre n'existe que cela. En conséquence, nos jugements se situent seulement dans le temps. Et nous n'avons pas non plus le droit d'exiger une vie pour une vie. « La vengeance m'appartient », dit le Seigneur (la Loi), « je donnerai le juste salaire ». Avec l'exécution capitale, nous devenons complices d'assassinat en élaborant de telles lois humaines. Par ailleurs, je n'affirme pas que chaque expérience doive être vécue dans le corps, car il en est qui sont éprouvées dans le mental. Je ne cherche pas non plus à justifier aucune d'elle : la seule justification est dans la Loi. […]
Ainsi, la nature fait la guerre à la nature, toujours dans le but de favoriser la purification et l'évolution de l'âme. La Nature n'existe que pour le dessein de l'âme. [..] Nous devons éviter toutes les choses ordinairement reconnues comme immorales, et bien d'autres qui ne sont pas considérées comme telles par la masse, mais qui le sont tout autant quand nous savons à quel point elles augmentent l'ignorance et l'obscurité par le ferment qu'elles introduisent dans la nature, et combien cela empêche la pénétration des clairs rayons de la Vérité. […]
Mais même maintenant, dans l'incapacité où nous sommes de maîtriser ces thèmes élevés, nous pouvons avoir une patiente confiance dans les processus de l'évolution et dans la Loi, en ne blâmant ni ne jugeant aucun homme, mais en vivant nous-mêmes selon nos intuitions les plus hautes. La pierre de touche d'un homme gît dans son motif que nous ne voyons pas — pas plus que ses actes ne l'expriment toujours. » ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, pp. 37/38.

Deux adversaires de l’âme : ignorance et action
« Voilà donc deux grands adversaires de l'âme : l'ignorance et l'action. […] Pourtant, quand on reconnaît son ignorance, on doit bien agir afin de la détruire. Comment y parvenir sans toujours demeurer dans le tourbillon de l'action [c'est-à-dire karma, qui cause les renaissances] ? Telle est la question.
« Sachant que les actes se passent tous dans le champ de ces trois qualités naturelles [de la Nature], et pas du tout dans l'âme, il faut commencer par se débarrasser de l'idée que quelque chose est réellement fait par soi-même […] Il faut ensuite faire reposer toutes ses actions sur la dévotion. C'est-à-dire sacrifier toutes ses actions au Suprême, et non à soi-même. On doit dès lors (en laissant de côté l'indifférence), ou bien se considérer comme le Dieu auquel on sacrifie, ou bien choisir l'autre, le vrai Dieu — Krishna — et dès lors orienter tous ses actes et toutes ses aspirations vers soi-même ou bien vers le Tout. Ici intervient l'importance du motif. Car, celui qui accomplit pour l'humanité des actes magnifiques de vaillance ou de service, ou qui acquiert une connaissance lui permettant d'aider ses semblables, en ayant pour seul mobile la pensée que, de cette manière, il atteindra le salut, ne fait qu'agir dans son intérêt personnel et, par conséquent, ne sacrifie qu'à lui-même. C'est donc une dévotion intérieure au Tout qu'il faut avoir, c'est-à-dire faire reposer toutes ses actions sur le Suprême, en sachant qu'on n'en est pas l'auteur, mais leur simple témoin [voir Bhagavad-Gîtâ, V, 8-9, XIII, 29 et XIV, 19]. » ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, pp. 37/39.

La condition d’Être
« La spiritualité est donc une condition de l'Être qui ne peut être exprimée par le langage. Appelez-la un taux de vibration, bien au-delà de notre compréhension. Son langage est le langage du mouvement, à son premier stade, et sa perfection transcende les mots et même la pensée.
« La connaissance du Principe Suprême est un silence divin, et l'état de repos de tous les sens. » [Hermès Trismégiste, Traité X, § 5.] ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, p. 49.

Amour et Altruisme
C'est cette charité sans bornes de l'amour qui fit dire au Bouddha : « Que les péchés de cet âge sombre retombent sur moi afin que le monde puisse être sauvé » — et non pas un désir de fuite ou de connaissance. L'idée est exprimée dans la phrase : « LE PREMIER PAS DANS LA VÉRITABLE MAGIE CONSISTE À SE CONSACRER AUX INTÉRÊTS D'AUTRUI. » Krishna a dit, de même : « Proche du renoncement est le salut » [Bhagavad-Gîtâ, XII, 12]. ‒ W.Q. Judge, Les Lettres qui m’ont aidé, p. 114.

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Les pensées d'un mort

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(Traduction d’un extrait de l’ouvrage Théosophique The Modern Panarion, page 481 ‒ Éd., The Theosophy Company, USA)

Si un homme meurt d’une maladie contagieuse, un morceau de vêtement, ou un objet qu’il avait touché pendant sa maladie pourra, des mois, voire des années, après sa mort communiquer cette maladie à une personne plus sensible physiologiquement que d’autres qui seront insensibles à la maladie. Alors, pourquoi une idée, ou une pensée n’exercerait-elle pas la même influence ? Une pensée n’est pas moins matérielle ni objective que ne le sont les germes impondérables et mystérieux des virus des maladies infectieuses, dont les causes sont un puzzle pour la science. Si le mental d’une personne vivante peut influencer le mental d’un autre, et que le premier peut forcer le second à penser et croire ce qu’il veut – en bref, il peut influencer psychologiquement son mental (en anglais : psychologize) –la pensée d’une personne décédée peut aussi le faire. Une fois générée et émise, cette pensée va vivre portée par sa propre énergie. Elle est devenue indépendante du cerveau ou du mental qui lui a donné naissance. Tant que son énergie concentrée n’est pas dissipée, elle peut agir comme une influence potentielle si elle entre en contact avec le cerveau ou le système nerveux d’une personne vivante convenablement prédisposée. L’action mauvaise ainsi provoquée peut mettre le sensitif dans un état de folie passagère et d’auto-illusion, qui lui brouillera la perception de sa propre individualité. L’action morbide une fois induite, c’est tout l’ensemble des pensées vagabondes du décédé qui se précipitent sur le cerveau du sensitif, et de manière répétée il pourra donner l’impression de la présence du décédé et convaincre un investigateur favorablement prédisposé qu’une intelligence, « contrôle », « guide » et communique effectivement.

Pour les personnes intéressées, voici le lien vers un article paru dans la revue The Path, "The Worship of the Deads", d'août 1889 (pages 134 à 136)

L’Éthique de la Théosophie (citations)

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Éthique et devoir
Précepte universel bouddhiste : « Ne condamne jamais un homme en son absence, et, quand tu es obligé de lui faire un reproche, fais-le devant lui, mais avec douceur et par des paroles pleines de charité et de compassion. Car le cœur humain est semblable à la plante Kusûli : elle ouvre sa corolle à la douce rosée matinale mais la ferme à une pluie violente. » (Précepte bouddhiste.)
« Ne jugez pas pour n'être pas jugés. » (Aphorisme chrétien.)
« Dans le treizième numéro de la Revue Lucifer (septembre 1888) a été publié un article sur « La Signification d'un Serment ». Des sept clauses qui constituent le Serment (dont six seulement ont été rendues publiques), la première, la quatrième, la cinquième et surtout la sixième exigent une grande force morale de caractère, une volonté de fer jointe à un désintéressement profond, à une promptitude au renoncement, et même à l'abnégation, pour tenir un tel pacte. Pourtant, beaucoup de théosophes ont signé avec enthousiasme cette solennelle « Promesse » d'œuvrer au bien de l'humanité, en oubliant le Soi, sans un seul mot de protestation — si ce n'est à l'égard d'un seul point. Aussi étrange que cela paraisse, c'est la troisième règle qui, dans presque tous les cas, fait hésiter le candidat et le plonge dans l'inquiétude. […]
« Quel est donc ce terrible serment qui semble être au-delà de la force du commun des mortels ? Tout simplement ceci : « Je m'engage à ne jamais prêter l'oreille sans protester à un mal dit d'un Frère théosophe et à m'abstenir de condamner les autres. » […]
« La clause 3 n'est-elle pas un principe fondamental du code éthique qui devrait guider tout membre qui aspire à devenir réellement un théosophe ? Cette clause ne devrait-elle pas faire partie intégrante des obligations de chaque membre — actif ou figurant — qui s'affilie au Mouvement Théosophique, si on considère les dimensions d'un tel groupement qui est composé d'hommes et de femmes si différents sous l'angle des nationalités, caractères, croyances et façons de penser, ce qui fournit par là-même des prétextes faciles aux disputes et aux querelles ? […] Dans une Société qui a des prétentions à un système éthique sublime — l'essence de tous les codes éthiques du passé — et qui confesse ouvertement son désir de rivaliser avec les fidèles de toutes les religions et de leur donner des leçons par son exemple pratique et ses façons de vivre, un tel Serment constitue la condition sine qua non du succès de cette Société. Dans un groupement où « près de l'ortie nuisible fleurit la rose », et où les épines agressives sont plus nombreuses que les fleurs suaves, un Serment de cette nature est le seul salut. Aucune Éthique, en tant que science des devoirs réciproques d'homme à homme — aussi bien sur le plan social que religieux ou philosophique — ne peut être complète ou cohérente, si elle n'impose pas une règle de cette nature. […] Aucun honnête homme — et encore moins aucun théosophe — ne peut condamner ces vers d'Horace :

« Celui qui se dresse contre ses amis absents,
« Ou entend dire du mal d'eux sans les défendre,
« Qui médit d'eux et les discrédite,
« Un tel homme est un FRIPON — méfiez-vous de lui. »
Extrait de l’article d’H.P. Blavatsky « La dénonciation est-elle un devoir ? » - Cahier Théosophique n°138.

Suis-je le gardien de mon frère - Notre devoir vis-à-vis des autres : « La question du devoir est de celles que seul l’individu lui-même peut résoudre entièrement. Il ne sera donné aucun code de lois ni aucune table de règles, invariables et inflexibles, à quoi, tous devraient répondre pour agir ou pour découvrir le devoir.
« Nous sommes si ignorants, ou depuis si peu de temps informés d'une partie de la Volonté Divine, que généralement nous sommes peu à même de dire avec exactitude ce qui est erroné, ou mal.
« Chaque homme est à lui-même la loi — la loi qui décide de ce qui est vrai et faux, bien et mal. Aucun autre individu ne peut violer la loi de cet homme, pas plus que toute autre loi, sans produire l’inévitable résultat d’une pénalité pour avoir enfreint une loi. […]
« Si les hommes vilipendent un autre, le persécutent ou lui font du tort, pourquoi résister ? Peut-être c’est mal, mais tant que cela n’affecte que notre moi, cela n’a pas de grande importance. Si le besoin, la peine ou la douleur nous arrivent, pourquoi résister ou pousser des cris ? Dans la résistance, ou l’opposition violente, nous créons de plus grands maux. S’ils n’affectent que notre moi, ils devraient avoir peu de poids, alors qu’en même temps ils nous apportent d’inestimables leçons dans leurs mains. Bien compris ils amènent l’individu à s’oublier lui-même dans le désir d'aider les autres mis dans des situations semblables, et contribuer à ce que s’épanouisse le Lotus du devoir — ou de l'amour pour l'homme — hors de la tourbière du Nil de la vie. Ne résistez pas au mal, car il est inséparable de la vie. C'est notre devoir de vivre, et d’accepter sans plainte, tout de la vie. Ne résistez pas au mal, mais plutôt apprenez de lui tout le bien qu'en réalité il ne fait que voiler.
En lui, comme dans le bien lumineux, allez en quête du Mystère ; et alors des deux viendra à se manifester la même forme-identique sur le front de laquelle est écrit le mot « Devoir » (qui se traduit comme signifiant les efforts pour le bien de tous les autres hommes) tandis que sur son cœur est écrit : « Je suis le gardien de mon frère. »
Extrait de l’article de W.Q. Judge « Suis-je le gardien de mon frère ».

Éthique et altruisme
« Personne, plus que les Théosophes, ne croit fermement à l’Unité de la Loi Éternelle. […]
« Le bonheur ne peut pas exister là où la Vérité est absente. Bâti sur le sable mouvant des fictions et des hypothèses humaines, le bonheur n’est qu’un château de cartes, tombant au premier souffle; il ne peut exister réellement, tant que l’Égoïsme règne, suprême, dans les sociétés civilisées. Tant que le progrès intellectuel se refusera d’accepter une position subordonnée au progrès moral et que l’égoïsme ne s’effacera pas devant l’Altruisme prêché par Gautama et le vrai Jésus historique (le Jésus du sanctuaire païen, non le Christ des Églises), le bonheur pour tous les membres de l’humanité, demeurera une utopie. […]
« Il n’y a qu’un moyen d’améliorer jamais la vie humaine: c’est l’amour du prochain pour lui-même et non pour notre gratification personnelle. Le plus grand théosophe — c’est-â-dire celui qui aime la vérité divine sous toutes ses formes — est celui qui travaille pour le pauvre et avec le pauvre. Il y a, de par le monde, un homme connu de toute l’Europe-Amérique intellectuelle et qui n’a peut-être jamais entendu prononcer le nom de la Société théosophique; je veux parler du comte Léon N. Tolstoï, l’auteur de La Guerre et la Paix. Ce grand écrivain est le vrai modèle de tout aspirant à la vraie théosophie. C’est lui qui le premier, dans l’aristocratie européenne, a résolu ce problème : «Que puis-je faire pour rendre heureux tout homme pauvre que je rencontrerai? […]
« Faites entrer ce progrès matériel dans la voie morale et les « missionnaires » du Lotus et des Indes vous reconnaîtront comme leurs maîtres. Mais vous n’en faites rien. Vous avez tari ou travaillé à tarir l’unique source de consolation pour le pauvre, la foi dans son Moi immortel et vous ne lui avez rien donné en échange […]. »
Extraits de l’article de H.P. Blavatsky « Fausses conceptions » paru dans la revue Le Lotus de septembre 1887.

Éthique et vie pratique
« La Théosophie ne doit pas être présentée comme une simple série de vérités morales, un paquet d’Éthiques métaphysiques présentées en abrégés de dissertations théoriques. La Théosophie doit être rendue pratique, et être libre de tout discours inutiles… Elle doit trouver son expression objective dans un code de vie qui embrasse tout et qui soit pleinement imprégné de son esprit ‒ l’esprit de tolérance mutuelle, de charité et d’amour. Ses fidèles doivent donner l’exemple d’une moralité fermement exprimée et vécue. […] Le problème de la pure théosophie et de sa grande mission est de montrer en termes clairs, non ambigus, quels sont les idées éthiques et les devoirs qui satisfont au mieux nos meilleurs sentiments d’altruisme et de justice ; et de montrer combien ils concernent la vie quotidienne et comment ils peuvent être appliqués avec la plus d’équité. » ‒ Traduction d’un extrait de l’article d’H.P. Blavatsky, “Original programme Manuscript”, paru en 1886.

« Ceux d'entre vous qui désireraient se connaître eux-mêmes dans l'esprit de vérité, ont à apprendre à vivre seuls au milieu des grandes foules qui peuvent parfois vous environner. Cherchez à entrer en communion et en rapport constant seulement avec le Dieu qui est caché dans le tréfonds de votre âme, et est appelé la CONSCIENCE LA PLUS HAUTE, mettez sans plus attendre vos bonnes intentions en pratique, et ne laissez jamais la moindre d'entre elles ne rester qu'une intention. Et, par ailleurs, n'espérez ni récompense, ni même reconnaissance pour le bien que vous avez pu faire. Récompense et reconnaissance sont en vous-mêmes et sont inséparables de vous, étant donné que c'est votre Soi Intérieur seul qui peut les apprécier à leur importance et à leur valeur réelles. Car, au cœur de son tabernacle intérieur, chacun de vous possède cette Cour Suprême — avec son avocat, son procureur, son jury et ses juges — dont la sentence est la seule qui soit sans appel, ainsi personne ne peut vous connaître mieux que vous-mêmes une fois que vous avez appris à juger ce Soi, votre personne, à la lumière qui jamais ne vacille de la divinité intérieure : votre Conscience la plus haute. » ‒ Extrait de l’article « Quelques mots sur la vie journalière », Cahier Théosophique N°4.

Éthique et vertus
« Les compagnons-disciples doivent être accordés par le Guru [Maître] comme les cordes d'un luth (ou vina), chacun différent des autres, mais émettant cependant des sons en harmonie avec tous. Collectivement, ils doivent être comme un clavier vibrant dans toutes ses parties, au moindre effleurement (le toucher du Maître). C'est ainsi que leur mental s'ouvrira aux harmonies de la Sagesse pour vibrer en tant que connaissance à travers chacun et tous, en produisant des effets agréables aux dieux qui président (anges protecteurs ou tutélaires), et utiles au lanou [disciple]. Ainsi, la Sagesse s'imprimera à jamais dans leur cœur et l'harmonie de la loi ne sera jamais rompue. […]
« Le cœur doit être rempli du sentiment de sa non-séparativité avec le reste des êtres, et avec tout dans la Nature, sans cela aucun succès n'est possible. […]
« La méditation, l'abstinence en tout, le respect des devoirs moraux, les bonnes pensées, les bonnes actions et les paroles aimables, comme aussi la bonne volonté envers tous, et un oubli complet de Soi sont les moyens les plus efficaces pour obtenir la connaissance et se préparer à recevoir la sagesse supérieure.
« C'est uniquement en observant strictement toutes les règles [des disciples], qu'un élève peut espérer acquérir en temps voulu les siddhi [pouvoirs] des Maîtres, et le développement qui l'amènera graduellement à devenir Un avec le TOUT UNIVERSEL. » ‒ Extraits de l’article de H.P. Blavatsky « L’Occultisme pratique ».

« La première tâche indispensable est de conquérir et maîtriser son corps. » ‒ Citation de l’article de H.P. Blavatsky « The Great Paradox ».

« Les ennemis qui se dressent dans le corps,
« Durs à combattre – les passions mauvaises –
« Doivent être combattus à la main, celui qui les conquière
« Est égal au conquérant du monde » ‒ Kiratarjuniya.

Éthique universelle, karma et les cycles
« Pour rendre le fonctionnement du Karma dans les rénovations périodiques de l'Univers plus évident et intelligible à l'étudiant lorsqu'il aborde l'origine et l'évolution de l'homme, il doit examiner maintenant avec nous l'influence ésotérique des Cycles Karmiques sur l'Éthique Universelle. La question est : ces mystérieuses divisions du temps, dénommées Yugas et Kalpas par les hindous, et si graphiquement, [kuklos], « cycle », anneau ou cercle, par les Grecs, ont-elles quelque influence ou lien direct avec la vie humaine ? Même la philosophie exotérique explique que ces cercles perpétuels du temps reviennent toujours sur eux-mêmes, périodiquement et intelligemment dans l'Espace et l'Eternité. Il y a des « Cycles de la matière » et il y a des « Cycles de l'évolution Spirituelle ». Des cycles raciaux, nationaux, et individuels. » ‒ Lire tout l’extrait de La Doctrine Secrète, pp. 637/9 - L'évolution cyclique et karma.

Éthique et les lois de karma et de réincarnation
« Les doctrines [de Karma et de Réincarnation] se comprennent facilement et sont bienfaisantes pour tout le monde, non seulement parce qu'elles fournissent nécessairement une base solide pour l'éthique ou pour toute conduite humaine, mais parce qu'elles constituent les notes toniques de l'évolution supérieure de l'homme. Sans Karma et Réincarnation, l'évolution reste fragmentaire ; un processus dont les débuts sont inconnus et dont le résultat ne peut être discerné, un aperçu de ce qui pourrait être, un espoir de ce qui devrait être. Mais à la lumière du Karma et de la Réincarnation, l'évolution devient la logique de ce qui doit être. Tous les anneaux de la chaîne de l'être y sont présents et les cercles de la raison et de la vie sont complets. Karma est la loi éternelle d'action et la Réincarnation fournit le champ illimité à ses manifestations. Des milliers de personnes sont capables de comprendre ces deux principes, de les adopter comme base de conduite et de les intégrer dans leur vie, mais ne peuvent pas saisir la synthèse complète de cette évolution infinie dont ces doctrines forment une part si importante. En offrant ainsi, même au penseur superficiel et à celui qui raisonne d'une façon faible et illogique, une base parfaite pour la morale et un guide infaillible dans la vie, la Théosophie contribue à la réalisation future de la Fraternité Universelle et de l'évolution supérieure de l'homme. » - Article de W.Q. Judge, « La synthèse de la science occulte », CT N°98, pp. 19/20.

La Théosophie ne présente pas une éthique nouvelle
« La Théosophie ne présente pas une éthique nouvelle, car, pour elle, la véritable éthique est la même pour toujours. Mais, dans les doctrines de la Théosophie, nous trouvons les bases raisonnables et philosophiques qui fondent l'éthique et incitent, d'une façon naturelle, à la mettre en pratique. La Fraternité Universelle sera réalisée en agissant envers les autres comme vous voudriez qu'ils agissent envers vous, et en aimant votre prochain comme vous-mêmes. Telle est la voie déclarée comme bonne et juste par tous les instructeurs des grandes religions du monde. » - W.Q. Judge, extrait des « Principes généraux ».


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Note « La notion du Soi dans Isis dévoilée »

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Sommaire

Le Soi immortel de l’homme L’homme est adombré par le Soi Divin - « Vous êtes des dieux »Une conviction commune à tout le genre humainL’initié connaît le mystère du Soi Supérieur Le Soi spirituel (Atman) : Dieu Unique et Suprême - L’âme non enchaînée au corps Le Soi intérieur et karma Le SOI : une même tradition mystiqueUne dualité humaine : conscience et raison La clairvoyance spirituelleLa manifestation inconsciente du Soi.


Le Soi immortel de l’homme

« Où est DIEU ; Qu'est-il ? Qui a jamais vu l'ESPRIT immortel de l'homme, de façon à être certain de son immortalité ?
« C'est lorsque nous étions le plus anxieux de résoudre ces problèmes difficiles, que nous nous trouvâmes en rapport avec certains hommes, doués de pouvoirs si mystérieux et de connaissances si profondes, que nous pouvons véritablement leur donner le titre de Sages de l'Orient. Nous prêtâmes une oreille attentive à leurs enseignements. Ils nous montrèrent qu'en combinant la science avec la religion on peut arriver à démontrer l'existence de Dieu et l'immortalité de l'esprit humain, comme on démontre un problème d'Euclide. Pour la première fois nous reçûmes l'assurance que la philosophie Orientale n'admettait point d'autre foi qu'une foi absolue et immuable dans la toute-puissance du soi immortel de l'homme. On nous apprit que cette toute-puissance vient de la parenté de l'esprit de l'homme et l'Âme Universelle — Dieu ! Ce dernier, disent ces sages, ne peut jamais être prouvé qu'à l'aide du premier. L'esprit humain prouve l'Eprit Divin, comme une goutte d'eau démontre l'existence d'une source dont elle provient. Dites à celui qui n'aurait jamais vu d'eau qu'il existe un océan il vous croira sur parole, ou il refusera de l'admettre. Mais faites tomber dans sa main une goutte d'eau, et il se trouvera en présence d'un fait duquel il pourra déduire le reste. Après ça, il pourra par degrés, comprendre qu'il peut exister un océan sans borne et insondable. La foi aveugle ne sera plus nécessaire ; elle sera remplacée par la CONNAISSANCE. Lorsqu'on voit un homme mortel déployer des facultés prodigieuses, se rendre maître des forces de la nature, et entrouvrir aux regards le monde de l'esprit, l'esprit réfléchi est pénétré de la conviction que, si l'Ego spirituel d'un seul homme peut le faire, la puissance de l'ESPRIT-PÈRE doit être relativement aussi grande que l'océan qui surpasse la simple goutte d'eau en volume et en force. Ex nihilo nihil fit ; prouvez l'âme humaine au moyen de ses merveilleux pouvoirs et vous aurez prouvé Dieu ! » – Isis dévoilée, éd. Adyar, I, I, pp. 8 & 9 – Isis Unveiled, original ed., I, p. vi. [retour sommaire]

L’homme est adombré par le Soi Divin — « Vous êtes des dieux »
« L'expression "Vous êtes des dieux" qui, pour nos étudiants de théologie, n'est qu'une simple abstraction, a pour les Cabalistes une signification vitale. Chaque esprit immortel qui déverse son rayonnement sur un être humain, est un dieu – le Microcosme dans le Macrocosme, partie intégrante du Dieu Inconnu, la Cause Première dont il est une émanation directe. Il possède tous les attributs de sa source première, et parmi ceux-ci sont l'omniscience et l'omnipotence. Doué de ces attributs, et pourtant incapable de les manifester pleinement tant qu'il est dans un corps, où ils sont obscurcis, voilés et limités par les capacités de la nature physique, l'homme qui sert de demeure à la Divinité est capable de s'élever au-dessus de ses semblables, de mettre en évidence son savoir divin, et de faire preuve de pouvoirs divins ; car, tandis que le reste des mortels, autour de lui, ne sont qu'adombrés par leur SOI divin avec la possibilité de devenir plus tard immortels, mais sans autre certitude de gagner le royaume des cieux sinon par leurs efforts personnels, l'homme élu est déjà devenu immortel pendant son séjour ici-bas. Sa récompense est assurée. Dorénavant, il vivra pour toujours de la vie éternelle. […]
« Les anciens n'ont jamais entretenu la croyance sacrilège que ces entités perfectionnées étaient des incarnations de l'Un Suprême, du Dieu à jamais invisible. Aucune profanation de ce genre de la Majesté divine n'a fait partie de leurs conceptions. Moïse, ses types et ses anté-types n'étaient, pour eux, que des hommes parfaits, des dieux sur terre, car leurs dieux (leurs esprits divins) étaient descendus dans leurs tabernacles sanctifiés, autrement dit, leurs corps physiques purifiés. »
Isis dévoilée, éd. Adyar, II, pp. 173-174 – Isis Unveiled, original ed., II, p. 153.

« Cette croyance à la préexistence d'une race beaucoup plus spirituelle que celle à laquelle nous appartenons maintenant, peut être suivie en remontant les traditions les plus anciennes de presque chaque peuple. Dans l'ancien manuscrit de Quiché, publié par Brasseur de Bourbourg – le Popol Vuh [Partie III, ii, pp. 199-200] – les premiers hommes sont désignés comme appartenant à une race douée de la raison et de la parole, dont la vue était illimitée, connaissant, d'emblée, toutes choses. D'après Philon le Juif, l'air est rempli d'une multitude d'esprits, dont certains sont affranchis du mal et immortels, d'autres pernicieux et mortels. "Nous descendons des enfants d'EL et nous devons redevenir les enfants d'EL". La déclaration du gnostique anonyme qui a écrit l'Évangile selon saint Jean est claire : "À tous ceux qui L'ont reçu", c'est-à-dire à tous ceux qui pratiquent la doctrine ésotérique de Jésus, Il a donné "le pouvoir de devenir enfants de Dieu" [Jean, 1, 12]. Cette déclaration désigne la même croyance. "Ne savez-vous point que vous êtes des Dieux ?" [Jean, 10, 34] s'écrie le Maître. Platon décrit admirablement dans Le Phèdre, l'état antérieur de l'homme et ce qu'il redeviendra : avant et après la "perte de ses ailes" ; quand "il vivait parmi les dieux et qu'il était lui-même un dieu dans le monde aérien". Depuis les temps les plus reculés, les philosophies religieuses ont envisagé que l'Univers entier était rempli d'êtres divins et spirituels de diverses races. De l'une d'elles, dans le cours des âges, sortit ADAM, l'homme primitif. » – Isis dévoilée, éd. Adyar, p. 58 – Isis Unveiled, original ed., I, p. 2.

« Dès le moment où le premier mystique trouva le moyen de communiquer avec le monde des êtres invisibles, entre la sphère de la matière et celle de l'esprit pur, il conclut qu'abandonner cette science mystérieuse à la profanation des masses, serait la perdre. Son abus pourrait entraîner l'humanité à la destruction rapide ; ce serait laisser jouer des enfants avec des produits explosifs, et leur fournir des allumettes. Le premier adepte autogène n'initia que quelques élus, et garda le silence envers la multitude. Il reconnut son Dieu et sentit que l'Être sublime était au-dedans de lui. L’"Atman", le Soi (1), le puissant Seigneur et Protecteur, du moment que l'homme l'eût connu comme le "Je suis", le "Ego Sum", le "Asmi" [ou "Ahmi"], donne la preuve silencieuse de tout son pouvoir à celui qui était capable de reconnaître la "petite voix silencieuse". Depuis l'époque de l'homme primitif décrit par le premier poète Védique, jusqu'aux temps modernes, il n'y a pas eu un seul philosophe digne de ce nom, qui n'ait porté dans le silencieux sanctuaire de son cœur, la sublime et mystérieuse vérité. S'il était initié, il l'apprit comme une science sacrée ; s'il ne l'était pas, alors, de même que Socrate se répétait à lui-même et à tous ses semblables, la noble injonction : "Homme, connais-toi toi-même", il réussit à reconnaître le Dieu en lui. "Vous êtes des dieux", s'écrie le Roi-Psalmiste, et nous voyons que Jésus rappelle aux Scribes que l'expression "Vous êtes des dieux", s'adressait à d'autres hommes mortels, et qu'il réclamait pour lui le même privilège sans blasphème (Jean, X, 34-35). Et voici que Paul, écho fidèle, tout en affirmant que nous sommes tous "le temple du Dieu vivant" (2ème Épître aux Corinthiens, VI, 16), ajoute prudemment, qu'après tout ces choses n'intéressent que les "sages", et qu'il n'est pas "légitime" d'en parler. […]

(1) Ce "Soi" que les philosophes grecs nommaient Augoeides, le "Brillant", est décrit d'une manière impressionnante et vraiment belle dans le Véda de Max Müller. Démontrant que ce Véda est le premier livre des nations aryennes, le professeur ajoute que "nous y reconnaissons... une période de la vie intellectuelle de l'homme qui n'a pas son pareil dans aucun autre pays du monde entier. Dans les hymnes du Véda nous voyons l'homme abandonné à lui-même pour résoudre l'énigme de ce monde... Il invoque [les dieux autour de lui], il les loue et les adore. Et cependant avec tous ces dieux... au-dessus et au-dessous de lui le poète primitif parait être inquiet en son for intérieur. Là aussi, dans le fond de sa poitrine, il découvre une puissance... qui n'est jamais muette lorsqu'il prie, qui n'est jamais absente lorsqu'il craint et tremble. Elle paraît inspirer ses prières, et cependant les écouter ; elle semble vivre au-dedans de lui et, pourtant, le supporter et tout ce qui l'entoure. Le seul nom qu'il puisse trouver pour cette force mystérieuse est "Brâhman" ; car brâhman voulait dire originellement, force, volonté, désir et le pouvoir propulsif de la création. Mais ce Brâhman impersonnel, aussitôt qu'il est nommé devient quelque chose de grand et de divin. Il finit par devenir un des nombreux dieux, un dieu de la grande triade, qu'on adore jusqu'à ce jour. Et, malgré cela, la pensée au-dedans de lui n'a pas de nom véritable ; ce pouvoir qui n'est rien d'autre que lui-même, qui supporte les dieux, les cieux et chaque chose vivante, flotte devant lui, conçu mais non exprimé. Enfin il lui donne le nom "d'Atman", car Atman qui voulait dire à l'origine le souffle ou l'esprit en vient à signifier le Soi et le Soi seulement ; Le Soi, Divin ou humain ; le Soi, qu'il crée ou qu'il souffre ; le Soi, le un ou le tout ; mais toujours le Soi indépendant et libre. "Qui a vu le premier né, demande le poète, lorsque celui qui n'avait pas d'os (c'est-à-dire de forme) donne naissance à celui qui a des os ? Où était la vie, le sang, le Soi du monde ? Qui le demanda à celui qui le savait" (Rig-Veda, I, 164, 4). Cette notion du Soi divin, une fois exprimée, tout doit reconnaître sa suprématie ; le Soi est le seigneur de toutes choses, le Soi est le Roi de tout. Ainsi que tous les rayons d'une roue sont contenus dans le moyeu et la circonférence, toute chose est contenue dans ce Soi ; tous les sois sont contenus dans ce Soi" (Brihad âranyaka, IV, 5-15, éd. Roer, p. 487). Brahma lui-même n'est autre chose que le Soi (Ibid., p. 478 ; Chândogya-upanishad, VIII, 3, 3-4) ; Chips from a German Workshop, vol. I, p. 69.

« Nous le constatons dans le Codex, de même que dans les Védas, dans l'Avesta ; aussi bien dans l'Abhidarma, les Sânkhya Sûtras de Kapila que dans le Quatrième Évangile. Nous ne pouvons atteindre le "Royaume des Cieux" que si nous nous unissons indissolublement avec notre Rex Lucis, le Seigneur de Splendeur et de Lumière, notre Dieu Immortel. Il faut premièrement conquérir l'immortalité et "prendre le Royaume des Cieux par la force", qui est offert à notre être matériel. "Le premier homme, tiré de la terre, est terrestre ; le second homme est [le Seigneur] venant du ciel... Voici, je vous dis un mystère", dit Paul (I Corinthiens, XV, 47). Dans la religion de Sakya-Muni, que les savants commentateurs se sont plu, dernièrement à représenter comme purement nihiliste, la doctrine de l'immortalité est clairement définie, malgré toutes les notions Européennes ou plutôt Chrétiennes au sujet du Nirvâna. Dans les livres sacrés des Jaïns, de Pattana, Gautama Bouddha mourant est interpellé comme suit : "Monte dans le Nirvi (Nirvâna) de ce corps en décrépitude dans lequel tu as été envoyé. Monte dans ton séjour antérieur, O bienheureux Avatar !" Il nous semble que c'est tout l'opposé du Nihilisme. Si Gautama est invité à réintégrer son "séjour antérieur" et que ce séjour est le Nirvâna, il est donc incontestable que la philosophie Bouddhique n'enseigne nullement l'annihilation finale. De même qu'on prétend que Jésus apparut à ses disciples après sa mort, de même on croit, à ce jour, que Gautama redescend du Nirvana. Et s'il existe là-haut, cet état, n'est donc pas synonyme d'annihilation. […]
« Le Nirvâna signifie la certitude de l'immortalité personnelle dans l'Esprit, et non pas dans l'Âme, laquelle en tant qu'émanation finie, doit certainement désintégrer ses particules, composées de sensations humaines, de passions et du désir d'une existence objective quelconque, avant que l'esprit immortel de l'Ego soit complètement libéré et, désormais, certain de ne plus avoir besoin de recourir à une autre transfiguration sous quelque forme que ce soit. Et comment l'homme atteindrait-il cet état tant que l'Upâdâna, ce désir de vivre, de vivre toujours, n'a pas été effacé de l'être sensible, de l'Ahamkara tout revêtu qu'il est cependant d'un corps sublimé ? C'est "l'Upâdâna", ou le désir intense qui produit la VOLONTÉ, et c'est la volonté qui développe la force, et celle-ci donne naissance à la matière, ou l'objet ayant une forme. C'est ainsi que l'Ego désincarné, mû par ce désir immortel en lui, fournit inconsciemment les conditions de ses procréations successives dans des formes variées qui dépendront de son état mental et de son Karma, les bonnes et mauvaises actions de son existence antérieure, nommées généralement "mérites et démérites". Voilà pourquoi le "Maître" recommandait à ses mendiants de cultiver les quatre degrés de Dhyâna, le noble "Sentier des Quatre Vérités", c'est-à-dire l'acquisition graduelle de l'indifférence stoïque soit pour la vie soit pour la mort ; cet état d'auto-contemplation spirituelle pendant lequel l'homme perd complètement de vue sa double individualité physique, composée d'âme et de corps ; et par l'union avec son troisième soi supérieur et immortel, l'homme réel et céleste, se confond, pour ainsi dire, avec l'Essence Divine, d'où son propre esprit procède comme une étincelle du foyer commun. » – Isis dévoilée, éd. Adyar, II, pp. 355-359 – Isis Unveiled, original ed., II, pp. 317-320. [retour sommaire]

Une conviction commune à tout le genre humain
« Depuis l'Antiquité la plus reculée le genre humain, pris dans son ensemble, a toujours été convaincu de l'existence d'une entité spirituelle et personnelle dans l'homme physique personnel. Cette entité intérieure était plus ou moins divine suivant son degré de proximité avec la couronne. Plus cette union était intime, plus la destinée de l'homme était sereine, et moins les conditions extérieures étaient dangereuses. Une telle croyance n'est ni de la bigoterie ni de la superstition, mais un sentiment instinctif toujours présent de la proximité d'un autre monde spirituel et invisible, qui, bien que subjectif pour les sens de l'homme extérieur, est parfaitement objectif pour l'ego intérieur. De plus, ces hommes de l'Antiquité croyaient qu'il y avait des conditions extérieures et des conditions intérieures qui pouvaient influencer la détermination de notre volonté sur nos actions. Ils rejetaient le fatalisme, car le fatalisme suppose l'action aveugle de quelque pouvoir plus aveugle encore. Mais ils croyaient à la destinée ou karma que, de sa naissance à sa mort, tout homme tisse fil par fil autour de lui-même, ainsi qu'une araignée sa toile ; et, pour eux, cette destinée était guidée par cette présence que certains appellent l'ange gardien, ou au contraire, par l'homme intérieur astral qui nous est plus familier, mais qui n'est que trop souvent le mauvais génie de l'homme de chair, la personnalité. Ces deux réalités mènent l'HOMME, mais l'une d'elle doit nécessairement l'emporter ; et dès le commencement même de la lutte invisible, la loi de compensation et de rétribution, sévère et implacable, entre en jeu et accomplit son œuvre en suivant avec vigilance les péripéties du combat. Quand le dernier fil est tissé, et que l'homme paraît comme enveloppé dans le filet qu'il a lui-même ourdi, il se trouve alors complètement sous l'empire de cette destinée qu'il a lui-même créée. Celle-ci l'immobilise alors comme le coquillage inerte au rocher immuable, ou l'emporte comme une plume, dans un tourbillon que ses propres actions ont soulevé. » – Isis dévoilée, (Isis Unveiled, éd. originale II, p. 593, traduction Textes Théosophiques) [retour sommaire]

L’initié connaît le mystère du Soi Supérieur
« Les visions les plus sublimes et les plus véridiques sont obtenues, non pas par des extatiques naturels ou des "médiums", comme on l'affirme à tort quelquefois, mais au moyen d'une discipline régulière d'initiations graduées et du développement des pouvoirs psychiques. Les Mystes [initiés] étaient mis en contact intime avec ceux que Proclus nomme des "natures mystiques", des "dieux resplendissants", parce que, ainsi que le dit Platon, "nous étions nous-mêmes purs et immaculés, ayant été délivrés de ce vêtement qui nous entoure et qu'on nomme le corps, auquel nous sommes liés comme l'huître à sa coquille" (Le Phèdre, p. 64).
« C’est ainsi que, dans l'Inde antique, la doctrine des Pitris planétaires et terrestres n'était entièrement révélée, ainsi que c'est encore le cas de nos jours, qu'au dernier moment de l'initiation et seulement aux adeptes des degrés supérieurs. Nombreux sont les fakirs qui, bien que purs, loyaux et dévoués, n'ont jamais encore vu la forme astrale d'un pur pitar humain (un ancêtre ou père) autrement qu'au moment solennel de leur première et dernière initiation. C'est en présence de son instructeur, le Gourou, et juste avant que le Vatou-Fakir soit envoyé dans le monde des vivants avec sa baguette de bambou à sept nœuds pour toute protection, qu'il est mis, soudain, face à face avec la PRÉSENCE inconnue. Il la voit, et se prosterne aux pieds de la forme qui s'évanouit devant lui ; mais on ne lui confie point le grand secret de son évocation ; car c'est le mystère suprême de la syllabe sainte. Le AUM renferme l'évocation de la triade Védique, la Trimoûrti de Brahma, Vichnou, Shiva, suivant les Orientalistes (1) ; elle renferme, à notre avis, l'évocation de quelque chose de plus réel et de plus objectif que cette trinité abstraite – contredisant en cela, avec tout le respect qui leur est dû, nos éminents hommes de science. C'est la trinité de l'homme, lui-même, en voie de devenir immortel par l'union solennelle de son triple SOI intime – le corps grossier, extérieur, l'enveloppe n'étant même pas prise en considération dans cette trinité humaine (2). C'est lorsque cette trinité, anticipant sur la réunion triomphante au-delà des portes de la mort corporelle, devient pendant quelques secondes une UNITÉ, que le candidat est autorisé, au moment de l'initiation, à contempler son soi futur. C'est ainsi que nous devons l'interpréter dans le Desatir persan, en parlant du "Resplendissant" ; chez les philosophes-initiés grecs avec l'Augoeides – la "divine vision dont le siège est la lumière pure" lumineuse par elle-même ; et dans Porphyre  lorsqu'il dit que Plotin fut réuni à son "dieu" six fois durant sa vie ; et ainsi de suite. »
« (1) Le Bouddha suprême est invoqué avec deux de ses acolytes de la triade théiste, Dharma et Sangha. […]
« (2) Le corps humain, son vêtement de peau est, par lui-même une masse inerte de matière ; seul, le corps vivant et sensible, au-dedans de l'homme doit être considéré comme son véritable corps, et c'est celui-là qui, avec l'âme-source ou corps astral pur, en contact direct avec l'esprit immortel, constitue la trinité humaine. » [retour sommaire]
Isis dévoilée, II, pp. 131-132 – Ed. Adyar – Isis Unveiled, original ed., II, pp. 113-115.

Le Soi spirituel (Atman) : Dieu Unique et Suprême – L’âme non enchaînée au corps
« Ce secret des secrets, que l'âme n'est pas enchaînée à la chair, était pratiquement démontré par les exemples des Yogis, les disciples de Kapila. Ayant libéré leurs âmes des liens de Prakriti [Matière], ou de Mahat [le Mental] (la perception physique des sens et de l'esprit – en un sens la création) ils développaient leur puissance d'âme et la force de leur volonté au point d'avoir acquis le pouvoir, sur cette terre, de communiquer avec les mondes supérieurs, et de pratiquer ce qu'on nomme communément des "miracles" (1). Les hommes dont l'esprit astral a atteint sur cette terre nehreyasa, ou moukti, sont des demi-dieux ; ils atteignent Moksha ou Nirvâna en l'état d'esprits désincarnés, et cela constitue leur seconde naissance spirituelle ».
(1) Voilà pourquoi Jésus recommande la prière dans la solitude de sa chambre. La prière secrète n'est rien d'autre que la paravidya du philosophe védantin : "Celui qui connaît son âme (son soi intérieur) se retire journellement dans la région de Swarga (le royaume céleste) dans son propre cœur", dit la Brihad-Arangaka. Le philosophe Védantin reconnaît l'Atman, le soi spirituel, comme le Dieu unique et Suprême.
Isis dévoilée, II, pp. 240-241 – Éd. Adyar – Isis Unveiled, original ed., II, pp. 565-566. [retour sommaire]

Le Soi intérieur et karma
« Ce fut encore la philosophie de Siddhartha-Bouddha que Pythagore enseignait, lorsqu'il disait que l'ego (νου̃ς) est éternel avec Dieu, et que l'âme traverse seulement différentes conditions (les Rupa-lokas hindous) afin d'atteindre la perfection divine ; cependant que le thumos retourne à la terre, et que même le phrên est éliminé. C'est ainsi que sa métempsychose n'est qu'une succession de disciplines à travers les refuges célestes (appelés par les Bouddhistes Zion) (1), pour se débarrasser du mental extérieur, et délivrer le nous du phrên, ou âme, le "Winyanaskanda" bouddhique, ce principe qui vit du Karma et des Skandas (groupes). C'est ce dernier, la personnification métaphysique des "actions" de l'homme, bonnes ou mauvaises, qui, après la mort de son corps, s'incarne, pour ainsi dire, et façonne ses nombreux composés invisibles et immortels en un corps nouveau, ou plutôt en un être éthéré, le double de ce que l'homme était moralement. C'est le corps astral des cabalistes et les "actions incarnées" qui forment le nouvel être conscient car son Ahamkara (l'ego, la soi-conscience) qui lui a été octroyé par le souverain Maître (le Souffle de Dieu) ne périt jamais, étant immortel per se en tant qu'esprit ; de là les souffrances du soi nouveau-né, jusqu'à ce qu'il se soit libéré de toute pensée terrestre, de tout désir et de toute passion. »
(1) C'est du Zion le plus élevé que viendra Maïtreya-Bouddha, le Sauveur à venir, en descendant sur la terre ; et c'est également de Sion que viendra le Libérateur Chrétien (Voyez l'Épître de saint Paul aux Romains, XI, 26).
Isis dévoilée, II, p. 321 – Éd. Adyar – Isis Unveiled, original ed., II, pp. 286-287. [retour sommaire]

Le SOI : une même tradition mystique
« Si nous étudions la question sans parti pris, nous reconnaîtrons aisément que l'éthique de Gautama-Bouddha, de Platon, d'Apollonius, de Jésus, d'Ammonius Saccas et de ses disciples, était basée sur la même philosophie mystique. Tous adoraient un seul Dieu, qu'ils L'aient considéré comme le "Père" de l'humanité, qui vit dans l'homme, comme l'homme en Lui, ou comme le Principe Créateur Incompréhensible ; tous vécurent des vies saintes. Ammonius, parlant de sa philosophie, enseignait que leur école datait du temps d'Hermès, qui tenait sa sagesse de l'Inde. C'était, en tout, la même contemplation mystique que celle du Yogi ; la communion du Brahmane avec son Soi lumineux – "l'Atman". Et ce terme hindou est cabalistique par excellence. Qu'est-ce que le "Soi" ? demande le Rig Véda ; "Le Soi est le Seigneur de toute chose... toute chose est contenue en ce Soi ; tous les Soi sont contenus dans ce Soi. Brahmân, lui-même, n'est autre chose que le Soi" (1), est la réponse. Idrah Rabbah nous dit : "Toutes choses sont Lui-même, et Lui-même est caché de tous côtés (2)." "L'Adam Kadmon des cabalistes contient en lui-même toutes les âmes des Israélites et il est lui-même dans chaque âme", dit le Zohar (3). Les principes fondamentaux de l'École Éclectique étaient par conséquent identiques aux doctrines des Yogis, les mystiques hindous, et du Bouddhisme primitif des disciples de Gautama. Et lorsque Jésus affirme à ses disciples que "l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir parce qu'il ne Le voit point et ne Le connaît point", demeure avec eux et en eux, qui "sont en Lui et Lui en eux" (4), il ne fait qu'enseigner la même doctrine que nous reconnaissons dans toute philosophie qui mérite ce nom.
(1) Chandogya-Upanishad, VIII, 3, 4 ; Max Müller, Veda.
(2) Idrah Rabbah, § 171.
(3) Introd. Zohar, pp. 305-312.
(4) Jean, 19,17.
Isis dévoilée, II, I, pp. 382-383 – Éd. Adyar – Isis Unveiled, original ed., II, pp. 342-343. [retour sommaire]

Une dualité humaine : conscience et raison
« La raison, qui met l'homme à même de maintenir sa suprématie sur les animaux inférieurs, et de soumettre la nature à ses besoins, est chez lui alliée à la partie physique de son être ; et c'est à sa partie spirituelle qu'est alliée la conscience, qui lui sert de guide infaillible au milieu des entraînements des sens ; car la conscience est cette perception instantanée, qui permet de discerner le mal du bien, et qui ne peut être exercée que par l'esprit, lequel étant partie de la Sagesse et de la Pureté Divines, est absolument sage et pur lui-même. Ses injonctions sont indépendantes de la raison, et ne peuvent se traduire en manifestations claires et nettes, que lorsqu'il n'est pas empêché par les attractions inférieures de notre double nature. » – Isis dévoilée, I, II, p. 19 – Éd. Adyar – Isis Unveiled, original ed., I, p. 305. [retour sommaire]

La clairvoyance spirituelle
« Il y a deux espèces de clairvoyance – celle de l'âme et celle de l'esprit. La clairvoyance des anciennes pythonisses, ou celle du sujet moderne magnétisé, ne différent que par les moyens artificiels employés pour provoquer la clairvoyance. Mais, comme les visions de chacun dépendent de la plus ou moins grande sensibilité des sens de leur corps astral, elles diffèrent beaucoup de la condition parfaite et omnisciente spirituelle ; car, le sujet ne perçoit, au mieux, que des lueurs de la vérité, à travers le voile interposé par la nature physique. Le principe astral, que les Yogis hindous appellent jîvâtmâ, est l'âme sensible, inséparable de notre cerveau physique, qu'elle tient en sujétion, et qui, de son côté, lui sert aussi d'entrave. C'est l'ego, le principe vital intellectuel de l'homme, son entité consciente. Pendant qu'il est encore dans le corps matériel, la clarté et la correction de ses visions spirituelles dépendent de sa relation plus ou moins intime avec son Principe supérieur. Lorsque cette relation est telle, qu'elle permet aux parties les plus éthérées de son âme essentielle d'agir indépendamment de ses particules plus grossières et de son cerveau, il comprend infailliblement ce qu'il voit ; ce n'est qu'à ce moment qu'il devient l'âme pure, rationnelle et super-consciente. Cet état est connu en Inde sous le nom de Samâddi ; c'est la condition spirituelle la plus élevée qu'il soit donné à l'homme d'atteindre sur terre. Les fakirs cherchent à se mettre en cet état en retenant leur respiration pendant des heures entières au cours de leurs exercices religieux, et ils donnent à cette pratique le nom de dama-sadhâna. Les termes hindous Prânâyâma, Pratydhâra, et Dhâranâ ont tous rapport aux différents états psychologiques, et montrent jusqu'à quel point le sanscrit, et même la langue moderne hindoue se prêtent mieux à l'élucidation claire des phénomènes pour ceux qui étudient cette branche de la science psychologique, que les langues des peuples modernes dont les expériences n'ont pas encore amené l'invention de termes descriptifs spéciaux.
« Lorsque le corps est en état de dhâranâ – la catalepsie totale du corps physique – l'âme du clairvoyant peut se libérer et perçoit alors les choses subjectivement. Néanmoins, comme le principe conscient du cerveau reste toujours vivant et actif, ces images du passé, du présent et du futur, seront teintées de ses perceptions terrestres du monde objectif ; la mémoire physique et l'imagination viennent entraver la vision claire et nette. Mais l'adepte voyant sait comment s'y prendre pour arrêter l'action mécanique du cerveau : ses visions seront aussi nettes que la vérité elle-même, sans couleur, sans déformation, tandis que le clairvoyant, incapable d'exercer un contrôle sur les vibrations des ondes astrales, ne percevra au moyen de son cerveau que des images plus ou moins brisées. Le voyant n'est jamais exposé à prendre des ombres passagères pour des réalités, car sa mémoire étant aussi complètement assujettie à sa volonté que le reste de son corps, il reçoit les impressions directement de son esprit. Entre son soi objectif et son soi subjectif il n'y a pas d'intermédiaires gênants. C'est la véritable voyance spirituelle dans laquelle, suivant l'expression de Platon, l'âme s'élève au-dessus de tout bien inférieur. Nous atteignons alors "ce qui est suprême, ce qui est simple, pur inchangeable, sans forme, sans couleur ou sans qualités humaines : le Dieu – notre Nous."
« C'est cet état que des voyants tels que Plotin et Apollonius appelaient "l'Union avec la Divinité" ; que les anciens Yogis nommaient Isvara (1) et les modernes "Samâddi" ; mais cet état est autant au-dessus de la clairvoyance moderne que les étoiles sont au-dessus des vers-luisants. Plotin, le fait est bien connu, fut toute sa vie durant un clairvoyant ; et cependant il n'avait été réuni à son Dieu que six fois pendant les soixante-six ans de son existence, ainsi qu'il le confessa lui-même, à Porphyre.
(1) Dans son sens général Isvara signifie "Seigneur" ; mais l'Isvara des philosophes mystiques de l'Inde veut dire précisément l'union et la communion de l'homme avec la Divinité des mystiques grecs. Isvara-Prasada veut dire littéralement en sanscrit grâce. Les deux "Mimansas" traitant des questions les plus abstraites, donnent l'explication de Karma comme le mérite, ou l'efficacité des œuvres ; Isvara-Prasada, comme la grâce ; et Shraddha, comme la foi. Les "Mimansas" sont l'ouvrage des deux plus célèbres théologiens de l'Inde. Le "Pourva-Mimansa" fut écrit par le philosophe Djeminy, et le "Outtara-Mimansa" (ou Vedanta) par Krichna Dvipayna-Vyasa, qui réunit ensemble les quatre "Védas". (Voyez Sir William Jones, Colebrooke et autres). »
Isis dévoilée, II, II, pp. 267-268 – Éd. Adyar – Isis Unveiled, original ed., II, pp. 590-591. [retour sommaire]

La manifestation inconsciente du Soi
« Les prophéties sont faites de deux manières – consciemment par des magiciens capables de lire dans la lumière astrale ; ou inconsciemment, par ceux qui agissent par ce qu'on nomme inspiration. C'est à cette dernière catégorie qu'appartiennent les prophètes Bibliques et les modernes voyants entransés. Platon était si familier avec ce fait, qu'il dit de ces prophètes : "Personne dans la jouissance de ses sens n'arrive à la vérité prophétique et à l'inspiration… sauf dans un état de démence à la suite de maladie ou de possession…" (par quelque daïmon ou esprit) [Platon, Timée, II, p. 563]. "Quelques personnes les appellent prophètes ; elles ignorent que ce ne sont que des portes voix… et qu'ils ne doivent point être qualifiés de prophètes, mais seulement de transmetteurs de visions et de prophéties", ajoute-t-il. »
Isis dévoilée, I, I, p. 275 – Éd. Adyar – Isis Unveiled, original ed., I, pp. 200-1.

« Heureux sont ceux qui, purs de cœur, repoussent inconsciemment les sombres esprits du mal grâce à cette pureté de leur nature intérieure. » – Isis dévoilée, I, I, p. 228 – Éd. Adyar – Isis Unveiled, original ed., I, pp. 488.

« Pour les Arhats [les Sages] le mot de jiva [la Vie ; la Monade ou la duade Atma-Buddhi] ne peut s’appliquer au Septième Principe, car ce n’est qu’à travers ses corrélations et son contact avec la matière que Fohat (l’énergie active dans le Bouddhisme) peut développer la vie consciente, et à la question “Comment l’Inconscient peut-il engendrer la conscience ?” La réponse est : “Est-ce la graine qui a engendré un Bacon ou un Newton soi-conscient ?” – H.P. Blavatsky article “The Sevenfold Principle in Man”, Collected Writings, III, p. 423. [retour sommaire]

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