Lundi 23 Octobre 2017

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Vers une réelle fraternité
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En effet, le rationalisme, depuis les Encyclopédistes, s'est progressivement débarrassé de toute mystique spirituelle et ceci s'est trouvé encore accentué par l'apport de deux courants de pensée : le matérialisme dialectique et le matérialisme classique, scientifique.

« Le monde souffre d'un manque de foi en une vérité transcendante ». Renouvier.

La science se revêt de la robe du mage. L'incroyable, l'impossible deviennent réalisables. Pourquoi ne serait-elle pas l'artisan de la fraternité ? Sortir de cette « vue de l'esprit » que sont la métaphysique et la mystique spirituelles, pour enfin réaliser par la science la fraternité entre tous les hommes, est le secret espoir de tout esprit rationaliste. Hélas ! La Science sans ses applications est impensable. Elle est sans conteste, en elle-même, une valeur permanente d'humanisme, « la forme entière de l'humaine condition » comme la définit Montaigne, mais ses applications sont toujours au service d'un particularisme de classes, de nations, d'idéologies. L'homme de Science abandonne sa fonction d'homme d'élite et se déshumanise, lorsqu'il ne se préoccupe pas de l'application de ses recherches, De nos jours le danger est plus grand que par le passé car les pouvoirs se sont accrus et l'emprise de l'homme sur l'homme considérablement étendue par le truchement de toutes les techniques scientifiques.

Michelet pressentait le mal de notre époque, lorsqu'il écrivait dans Le Peuple :

« Les machines ont donné à l'homme, parmi tant d'avantages une malheureuse faculté, celle d'unir les forces sans avoir besoin d'unir les cœurs, de coopérer sans aimer, d'agir et vivre ensemble sans se connaître ; la puissance morale d'association a perdu tout ce que gagnait la concentration mécanique. Comment s'étonner si le monde souffre, ne respire plus sous cette machine pneumatique, il a trouvé le moyen de se passer de ce qui est son âme, sa vie, je parle de l'amour ».

L'art a exalté pendant des siècles les joies du ciel et la terreur de l'enfer. Il était engagé au service d'une cause qui était en son temps la seule cause possible : l'esprit religieux. Depuis la Renaissance, les artistes dans leurs diverses disciplines se sont inspirés de thèmes nouveaux tels que la liberté, la justice la fraternité humaine. De nos jours, certains « beaux esprits » méprisent de telles préoccupations, ils veulent, disent-ils, l'art pour l'art et se méfient comme de la peste d'un art qui serait engagé au service d'une cause. Cependant, malgré ces réticences c'est encore dans la poésie, la littérature, la musique, que l'on peut trouver les créateurs intellectuels qui ont pour souci le maintien des valeurs universelles.

L'UNESCO contribue largement au rapprochement des peuples, en soulevant et parfois en résolvant certains problèmes urgents. Mais un tel mouvement éveille-t-il dans le cœur des hommes l'idée de fraternité ? Certes, la mise en pratique de la solidarité est déjà un pas de géant dans le mieux-être de l'humanité, mais il faut aller plus profondément dans le cœur et le mental de l'homme pour construire l'avenir sur des bases universelles.

« L'Humanité est une grande Fraternité en vertu de l'identité des matériaux dont elle est formée physiquement et moralement. Cependant, à moins qu'elle ne devienne également une Fraternité intellectuellement, elle n'est pas meilleure qu'une espèce supérieure animale. » (Glossary). H. P. Blavatsky.

Sur le thème de la fraternité, la Théosophie présente des idées claires et précises.

En premier lieu, certains concepts fondamentaux doivent être bien compris ; ils constituent des principes basiques qui en aucun cas ne doivent être abandonnés. Ils doivent trouver une application dans la vie pratique, à l'échelle individuelle et collective. En second lieu, la Fraternité Universelle requiert une participation pleine et entière de la nature humaine, car elle ne pourra jamais être réalisée par les seuls moyens extérieurs, instruction ou réformes de toute sorte.

Le premier point fondamental est que l'homme n'est pas la créature d'un Dieu tout puissant, il participe par son essence à la vie universelle. Le divin est en lui comme en chaque atome de l'univers. Ce n'est pas une différence d'essence qui sépare l'homme de l'homme ou de l'animal, du végétal ou de la pierre, c'est une différence de degré de réalisation.

La, fraternité est donc fait de la nature, mais cette fraternité est une unité d'origine, elle n'en implique, pas pour autant la pratique ; de même, les frères d'une même famille sont réellement frères par le sang et n'en sont pas pour cela fraternels.

Le second point est que si l'homme participe de l'homogène par son essence, il est une entité pensante, un Ego réincarnant avec des qualités particulières qui constituent ses tendances mentales et le font se différencier des autres. Aucun homme n'est identique à un autre. Son moi intérieur, ou âme, est le fruit d'une longue entreprise d'acquisition qui a pour moteur l'effort individuel. L'homme se façonne lui-même et récolte le fruit de ses efforts et cela en toutes directions. Ce qui est réellement acquis à l'homme n'est pas ce qu'il accepte de croire venant d'autrui, mais ce qu'il fait intimement sien par une conviction où toute sa nature s'engage.   top-iconRetour en Hauttop-icon