Vendredi 20 Octobre 2017

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Tsong-Kha-Pa

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Tsong-Kha-Pa
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[Cet article est traduit de la revue The Theosophical Movement, Bombay, 17 décembre 1936, vol. VII, n°2. Il a été publié en français pour la première fois dans la revue Théosophie, volume VIII, n°9]

Un lien particulièrement intime relie Tsong-Kha-Pa, l'Avatar tibétain de Gautama le Bouddha au quatorzième siècle aux étapes récentes du Mouvement théosophique. En effet, Tsong-Kha-Pa ne fut pas seulement un réformateur du Bouddhisme à son époque et dans sa patrie, mais il donna aussi une forte impulsion à l'expansion de la Religion-Sagesse à travers le monde. Il prévit naturellement la « découverte » de l'Amérique et l'ouverture de ce nouveau continent à la colonisation européenne. Et bien qu'il s'intéressât sans nul doute à la préservation des reliques de la Sagesse qui existaient encore en Occident, son but prédominant fut sûrement de préparer ce nouveau monde, avec ses immigrants venus d'Europe pour y constituer le terrain de semence pour la formation de la future sixième sous-race.

À Tsong-Kha-Pa et à ses coopérateurs, l'Europe du quatorzième siècle a pu sembler bien pauvre en promesses, mais certainement moins qu'elle ne l'avait été précédemment, alors que le mental occidental était étroitement fermé et bridé par le Saint Empire Romain et la Sainte Eglise Romaine. La poigne, nue comme gantée de ces deux forces stupéfiantes avait déjà été quelque peu relâchée par la renaissance de la culture grecque et latine, qui fut elle-même le résultat d'une influence d'Adeptes antérieurs à Tsong-Kha-Pa et qui, durant sa vie, transformait rapidement le mental européen. Pour une vision telle que celle de Tsong-Kha-Pa, le temps était vraiment mûr pour l'action, le labour et les semailles. Aussi, en élevant et en purifiant des groupes d'Adeptes orientaux, fit-il entrer dans les rangs les travailleurs nécessaires pour l'Occident comme pour l'Orient. Cela devait être un moyen de produire dans l'avenir, une étroite réciprocité entre les deux parties du monde ; et c'était une impulsion vers la restauration, dans des âges lointains, de la primitive grandeur spirituelle de l'Inde. De là aussi, sa mise en place d'un cycle d'apport spécial de Sagesse au dernier quart de chaque siècle, qui ne fut qu'une autre étape dans le déroulement du Plan.

Ce dévoilement cyclique de la vraie Philosophie, en Occident, est facile à suivre, il atteint un point culminant dans le Mouvement Théosophique des XIXe et XXe qui fut d'une valeur inestimable pour le monde en général. Sans l'utilisation que fit Tsong-Kha-Pa au XIVe siècle de la marée montante de la pensée en Europe, le mouvement actuel eût pu être indéfiniment retardé. Le simple exposé de ce fait montre (la qualité) de la reconnaissance que chaque théosophe réfléchi devrait avoir pour le grand Avatar du XIVe siècle.

Le Tibet, bien que considéré par les peuples occidentaux comme très arriéré apparaît, après une étude plus profonde, comme une espèce de terre sacrée. Dans un article intitulé « Lamas et Druses », publié par H.P. Blavatsky, dans le Theosophist de Juin 1881, on trouve d'intéressantes suggestions. L'article signale de fortes ressemblances entre les Druses en Syrie et les Lamas au Tibet. Etymologiquement, y est-il dit, le nom du Tibet a une autre forme — Ti-Boutta. C'est, en partie, un nom chinois, Ti signifiant dieu, et Boutta étant dérivé de Buddha ou Buddhi, Sagesse. Les Druses déclarent qu'autour du plateau du Pamir, on doit localiser le berceau de la vraie race, mais, ajoutent-ils, le berceau de l'humanité initiée seulement ; de ceux qui ont pour la première fois goûté du fruit de la connaissance ; et ceux-ci se trouvent au Tibet, dans la Mongolie, la Tartarie, la Chine et l'Inde. De ces pays, le Tibet, surtout, a échappé à l'influence du monde extérieur. Toujours, d'après ce même article, « le nom en hébreu pour sanctuaire est Te-bah et Ti-boutta et Tebet, également berceau de la race humaine, Thebeth signifiant "une caisse" — l'"arche" de Noé et le berceau flottant de Moïse ».

De ces suggestions, on ne peut être loin de conclure que le Tibet, au temps où on lui donna ce nom, était une terre de dieux de la Sagesse, ou de hauts Initiés. Et ce n'est pas davantage une fantaisie de supposer que « l'antique et honorable Chine », ainsi que les autres pays nommés, fournirent quelques-uns de leurs Êtres spirituellement évolués aux habitants de cette terre sacrée et en partie presque secrète.  top-iconRetour en Hauttop-icon