Lundi 23 Octobre 2017

Mis à jour le Lun. 23 Oct. 2017 à 09:43

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En souvenir de W.Q. Judge - La confiance en soi

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[M. Judge mourut à New-York le 21 mars 1896. L'article de George W. Russel ci-dessous parut dans The Irish Theosophist de mai 1896 sous la signature bien connue de Æ et avait pour titre « Self-Reliance » (« Confiance en soi »). Les idées contenues dans cet article sont, pour les étudiants d'aujourd'hui, aussi vraies qu'elles l'étaient pour ceux d'autrefois et à qui elles s'adressaient.]

Nous devrions peut-être profiter de ce que nous sommes dans un état de transition pour considérer ce que nous sommes nous-mêmes, surtout quand les vieux chefs ont disparu et que les nouveaux n'ont pas encore pris leurs places en avant des autres. Il y a quelques questions que nous devrions nous poser à nous-mêmes sur ce mouvement. Où ses fondations furent-elles posées ? Quels sont les liens qui font un tout de ce mouvement ? Où est la source de sa force ? À la première question vous répondez « l'Amérique » ou « l'Inde ». Mais si cette ancienne doctrine des émanations est vraie, il faudrait répondre que ces fondations ne sont pas sur la terre mais dans le monde céleste où nos esprits immortels sont étroitement liés. C'est là qu'il est vraiment né et en se développant il s'étendit vers la terre. Tous nos espoirs, nos efforts et nos actions ici-bas ne sont que le vague reflet de ce qui était vrai et parfait en idée. Cette idée initiale était le désir de beaucoup de cœurs de sauver les générations allant vers leur perdition. Ceux qui nous protégeaient dans les premières années du mouvement étaient plus sages, plus forts, plus grands que nous. Ils étaient là parmi nous, rafraîchissant notre mémoire, murmurant dans nos cœurs le message de la signification de la vie, nous rappelant l'effort éternel de l'esprit pour acquérir la liberté, la connaissance et la maîtrise. Malgré tout, c'est notre mouvement et non seulement celui des Maîtres. C'est notre propre travail que nous accomplissons ; c'est notre propre volonté que nous essayons de manifester. Il est bien que les grands sages abandonnent leur corps qui n'était pour eux que tourment et souffrance. Ils le prirent pour notre salut et nous pouvons ici-bas leur adresser un adieu reconnaissant et nous pouvons penser que les sphères invisibles sont enrichies par leur présence, et sont plus désirables et plus dignes d'être atteintes. Je pense vraiment que là, ils sont plus près de notre cœur et de notre mental que lorsqu'ils sont ici. Ce qui est réel en nous ne peut pas rompre le lien de fraternité qui nous unit à de tels êtres quand ils franchissent les portes de la mort. Dans un rayonnement constant, dans un enfantement sans fin d'énergie, de pensée et de volonté, dans un épanouissement éternel de joie, d'amour et d'espoir, s'échange d'âme à âme la lumière. J'aimerais mieux entendre une de leur parole dans mon cœur que mille dans mon oreille. J'aimerais mieux penser à mon guide, à mon instructeur comme à une belle flamme, plutôt qu'emprisonné dans un corps d'argile. Quoique nous puissions regarder cette figure douce et grave qui ne vit plus, l'influence magique, le souffle de feu qui avant, nous venait de son âme, ne peut avoir cessé de vivre pour nous. Nous sentons au plus profond de notre cœur que celui que l'on dit mort, est à jamais, éternellement vivant.

Il a gagné son repos. Un profond repos, si toutefois des êtres comme lui cessent de travailler. Nous, nous pouvons continuer notre chemin, sûrs que les liens sont intacts. Quels étaient ces liens ? Est-ce le fait que vous connaissiez un être qui connaissait les Maîtres ? Une telle présence et un tel compagnon seraient naturellement une aide et un lien. Mais je crois que là où il y a croyance en notre être supérieur, en la justice, en notre unité et notre destinée spirituelle, là où la fraternité existe, il y a des liens, des nœuds, des attaches étincelantes qui partent du divin et qui nous rattachent sans interruption à lui. Ainsi, nous trouvons en nous-mêmes, dans notre propre nature, non pas tout ce qui nous permettrait de nous perfectionner dans les mystères, mais assez pour éclairer notre chemin, pour nous montrer le degré suivant et pour nous donner la force nécessaire pour accomplir notre devoir. Nous ne devrions pas constamment chercher de l'aide en dehors de nous-mêmes ; rappelons-nous qu'un jour il nous sera nécessaire de nous tenir débout, seuls. Ne nions pas, ne diminuons pas notre être secret, notre gloire cachée. Le fait que nous ayons accepté ces vérités, même comme une intuition, qu'il nous était impossible de justifier intellectuellement, est une preuve que nous avons en nous ce qui a été initié dans le passé, cette partie de nous-mêmes qui connaît et qui vit dans ce qui n'est qu'un espoir dans ce monde d'illusion. Nous ne comprenons pas le progrès d'une partie de nous-mêmes. Nous avons accompli des actes dans un rêve évanoui et nous avons médité plus profondément dans les silences oubliés du sommeil. L'Immortel fait son chemin dans la chair en descendant de sphère en sphère ; l'âme a des expériences dans l'état de rêve, et la sagesse qui en découle n'est pas perdue parce que notre mémoire n'en garde pas le souvenir. Mais assez a été dit pour nous donner des indications, des signes, qui nous permettent de remonter les courants de force jusqu'à leurs sources. Nous nous éveillons un jour, à l'aurore, et dans notre cœur se trouve aussi cette aurore, ainsi que l'amour, une énergie de flamme, une douceur magnétique qui se répand dans notre sang. Si nous pouvons remonter à la source de ce pouvoir énergisant, nous pourrions peut-être voir qu'en nous endormant une mémoire ancienne s'est éveillée dans notre âme, ou alors par le pouvoir du Maître, l'âme, transformée par le pouvoir enchanté du Soi, est partie à la recherche de la Terre Sainte. Que nous ayons un guide ou non, une chose est certaine, c'est que derrière nous et en nous, « le Père accomplit son travail intérieur », un guerrier combat pour nous. Nos pensées sont les pointes des flèches de son carquois. Il les tire avec ardeur et les lance par le Souffle Divin. Elles arriveront au but si notre pensée est juste. Qu'importe si dans le brouillard nous ne voyons pas où elles frappent. Elles servent toujours. Après un certain temps les brumes s'évanouiront et l'horizon deviendra clair ; les pouvoirs étincelants nous salueront comme vainqueurs.

Je n'ai pas de doute sur l'avenir ; je suis sûr que nous aurons un guide et une succession ininterrompue de guides. Mais je crois que leur tâche serait plus facile, que notre route serait moins enténébrée par la tristesse et le doute, si nous placions notre confiance non pas dans une hiérarchie d'êtres, si augustes soient-ils, mais dans la Loi dont ils sont les serviteurs. Leur Pouvoir, quoique très grand, a son flux et reflux en même temps que la nature se contracte et s'étend. Comme nous, ils ne sont que des enfants dans les denses infinitudes. Je pense que les Grands Êtres voudraient que chacun de nous parle ainsi : « Ô, Fraternité de Lumière, quoique j'aspire à être avec vous, quoique la pensée que vous êtes derrière moi me soutienne, quoique mes pas aient été affermis par votre aide, cependant si la Loi ne vous permet pas d'agir pour moi aujourd'hui, j'ai confiance dans le Grand Tout dont l'amour est comme un souffle ardent qui ne cesse jamais. Je m'appuie sur lui avec exaltation. Je mets ma confiance en lui joyeusement ». N'est-ce pas pour montrer la vie infinie que les frères aînés envoyèrent leurs messagers, pour nous dire que c'est sur elle que nous devrions nous appuyer, et aussi pour nous montrer des trônes plus majestueux que ceux qu'ils occupent ? Il est bien de se préparer à faire face avec un esprit calme à tout ce qui peut arriver ; soit de se trouver dans l'obscurité avec des pensées de gaieté et de courage, ou de saluer la Lumière avec révérence, amour et joie. Mais je sens dans mon cœur que nous ne sommes pas abandonnés. Comme les cycles accomplissent leurs rondes, les figures héroïques de l'aurore réapparaissent. Quelques-unes sont passées avant nous, d'autres avec le même esprit et pouvoir suivront ; quand un nouveau jour se lève le soleil et l'étoile du matin l'annoncent. Quand ce jour viendra, puisse-t-il ne pas nous trouver engourdis après notre nuit, mais puisse-t-il nous trouver éveillés, préparés et prêts à quitter notre maison de sommeil, et étendre nos mains vers la lumière, pour vivre et travailler dans la joie en ayant les Dieux pour guides et amis.

George W. Russel

[Cet article est paru en anglais dans la revue Theosophical Movement de Bombay, Inde, Vol. III, N° 5. La traduction ci-dessus est celle publiée dans la Revue Théosophique, Volume XI, n°7, de mars 1936, Paris]
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Les voeux et la culture du juste motif (Citations de divers articles)

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Le vœu des éditeurs
« Dans cette joyeuse saison de retour du printemps, la revue The Path souhaite à tous ses lecteurs une « Joyeuse nouvelle année » au plus haut et meilleur sens du terme, ‒ un progrès dans la connaissance des grandes vérités vitales de la Théosophie, une réalisation plus vraie du Soi, une conviction plus profonde de la Fraternité Universelle. » ‒ Extraits de l'article de W.Q. Judge "The Second Year".

Le pouvoir du vœu
« En s'appuyant sur le pouvoir du vœux sublime du Bouddha et en y joignant la bonne mise en pratique, avec le temps tout le Karma, bon et mauvais sera épuisé ». Extraits de l'article de W.Q. Judge "A Buddhist Doctrine".

Le principe balance – Le désir
« Les passions et les désirs ne sont pas produits par le corps, c'est au contraire le corps qui leur doit son existence. [...] C'est par eux que nous évoluons à travers les demeures mortelles appelées vies terrestres. Ce fut par l'éveil du désir dans la cause première inconnue, l'existence une et absolue, que l'ensemble des mondes fut manifesté, et c'est par l'influence du désir que le monde actuellement en manifestation est maintenu en existence. Ce quatrième principe est le principe balance de l'ensemble des sept. Il se tient au milieu de la série, et c'est de lui que partent les voies vers le haut ou vers le bas. Il est la base de l'action et l'instigateur de la volonté. Selon l'expression des anciens Hermétistes : " Derrière la volonté se tient le désir ". Car, qu'il s'agisse de faire le bien ou le mal, il nous faut d'abord éveiller en nous le désir de suivre l'une ou l'autre voie. L'homme de bien qui, finalement, atteint le niveau du sage, a dû à un moment donné, dans une de ses nombreuses vies, éveiller en lui le désir de vivre en compagnie d'hommes saints et conserver vivace son désir de progrès pour pouvoir continuer son chemin. Même un Bouddha ou un Jésus a dû, au cours d'une de ses vies, commencer par faire le vœu ‒ qui est un désir ‒ de sauver le monde ou une partie du monde et persévérer, avec ce désir vivace dans son cœur, durant des vies innombrables. [...] Du point de vue matériel et scientifique de l'occultisme ‒ considéré comme l'utilisation des pouvoirs intérieurs et cachés de notre nature ‒ si ce principe du désir n'est pas puissant, le maître pouvoir de l'imagination ne peut accomplir son œuvre, car, bien qu'il crée un moule ou une matrice, la volonté ne peut agir à moins qu'elle ne soit mue, dirigée et maintenue à son point culminant par le désir. » ‒ Extraits de l'Océan de Théosophie, p. 49. [lien site www.theosophie.fr].

Le Renoncement aux désirs personnels et la culture du Juste Motif
« Si nous encourageons dans notre mental le désir de renoncer, si nous le nourrissons afin qu'il puisse prendre racine et croître, nous obtiendrons l'entraînement nécessaire pour acquérir le Juste Motif. Cet entraînement ne consiste pas simplement à prendre une résolution et à répéter verbalement le fameux Serment de Kwan-Yin, mais à s'en souvenir pendant l'accomplissement des devoirs quotidiens. Celui qui fait le Grand Renoncement ne se précipite pas pour aider ici et là, n'importe où, mais il « protège constamment l'Humanité et veille sur elle dans les limites karmiques ». Cela implique la connaissance, en particulier celle de la Loi des Cycles et « des divisions ultimes du temps ». C'est pourquoi H.P. Blavatsky dit qu'il est facile de devenir Théosophe... Mais c'est une toute autre question de se placer sur le Sentier conduisant à la connaissance de ce qu'il est bon de faire, et au juste discernement entre le bien et le mal. [...] La culture du Juste Motif prend plus d'une vie ; la maîtrise du mental errant est une nécessité universellement reconnue, mais combien sont ceux qui pensent au cœur errant ? Lorsque le cœur a été stabilisé, la concentration du mental devient facile, car un objectif a été trouvé. Le mental se recueille et fait de l'objectif son centre, alors que sans but, ou sans objectif, le mental ne peut jamais gagner l'état de concentration. Les hommes ont des objectifs nombreux et variés dans la vie, et l'étudiant de la Théosophie ne fait pas exception à la règle. S'il décide que l'objectif qu'il vise ne sera ni la béatitude du Nirvana, ni le développement des siddhis, [pouvoirs] inférieurs ou supérieurs, ni la réalisation du succès dans un domaine ou un autre, mais, en lâchant prise sur tout, de s'engager sur le Sentier du Renoncement, en se disciplinant pour la vie de service spirituel de l'Humanité orpheline, alors il a trouvé l'objectif correct, le Juste Motif, essentiel à la vie du Chéla. Une fois qu'un aspirant prend la résolution de suivre le Juste Motif, ce dernier, qu'il s'en souvienne ou non, affectera sa vie et le forcera à travailler pour l'humanité, d'une manière ou d'une autre. Dès qu'il n'essaiera plus de gagner un bienfait spirituel d'une façon égoïste, au lieu de s'efforcer d'aider ses frères, il ressentira l'appel intérieur vers le travail, auquel on ne peut se soustraire. Pour le Grand Choix, son moment viendra, mais cette venue sera hâtée dans la mesure où il restera fidèle au grand Choix de son incarnation présente ‒ s'efforcer de faire de la Théosophie un Pouvoir Vivant dans sa Vie. » – Extraits de l'article « Le cœur errant ».
Lire des articles complets : « Le cœur errant », « Le destructeur du réel », « Le mental de celui qui pratique le renoncement », « Le mental vertueux » (Cahiers Théosophiques n°114 et 115). [liens sur le site www.theosophie.fr].

La purification du désir
« Lorsque le désir est dirigé vers ce qui est purement abstrait, lorsqu'il a perdu toute trace, toute teinte de « soi », alors il est devenu pur.
« Le premier pas vers cette pureté consiste à tuer le désir de ce qui est du domaine de la matière, car seule la personnalité séparée peut s'en réjouir.
« Le second pas consiste à cesser de convoiter même des abstractions telles que le pouvoir, la connaissance, l'amour, le bonheur ou la renommée, car, après tout, elles ne sont qu'égoïsme.
« La vie elle-même enseigne ces leçons ; car lorsqu'on atteint l'objet de tels désirs, on ne trouve que le fruit de la Mer Morte. Ceci nous l'apprenons par l'expérience. La perception intuitive saisit la vérité positive que la satisfaction ne peut être atteinte que dans l'infini ; la volonté fait de cette conviction un fait réel conscient jusqu'à ce qu'enfin tout désir soit centré sur l'Éternel. » Article publié par H.-P. Blavatsky dans la revue Lucifer d'octobre 1887.

La volonté et le désir
« L'homme a la possession exclusive de la VOLONTÉ sur ce plan de conscience qui est le nôtre. Elle le distingue de la brute en qui le désir instinctif est seul actif.
« Le DÉSIR, dans son sens le plus large, est la force créatrice de l'Univers. Ainsi considéré, il ne se distingue pas de la Volonté; mais nous, hommes, ne connaissons jamais le désir sous cette forme tant que nous ne restons que des hommes. Par conséquent, la Volonté et le Désir sont envisagés ici comme étant opposés.
« Ainsi, la Volonté est issue du Divin, du Dieu dans l'homme; le Désir est le pouvoir moteur de la vie animale.
« La plupart des hommes vivent dans le désir et par lui, le confondant avec la volonté. Mais celui qui veut atteindre au but doit séparer la volonté du désir et faire que sa volonté commande, car le désir est instable et toujours changeant, tandis que la volonté est ferme et constante.
« La volonté et le désir sont tous deux des créateurs absolus qui modèlent l'homme et son entourage. Mais la volonté crée avec intelligence — le désir, aveuglément et inconsciemment. L'homme, par conséquent, se fait à l'image de ses désirs, à moins que, grâce à sa volonté, il ne se crée, à la ressemblance du Divin, enfant de la lumière.
« Sa tâche est double : éveiller la volonté, la fortifier par l'usage et la conquête, la rendre maîtresse absolue dans sa nature incarnée, et, parallèlement à ceci, purifier le désir.
« La connaissance et la volonté sont les instruments nécessaires à l'accomplissement de cette purification. » ‒ Article publié par H.-P. Blavatsky dans la revue Lucifer, d'octobre 1887.

Le vœu de silence
« L'un des grands maux — si ce n'est le plus grand — dont est corrompue notre société moderne, est celui du commérage. [...] Apprendre la valeur du silence est la première exigence de la vie spirituelle. La conservation de l'énergie spirituelle demande que s'arrête toute dispersion des forces de l'âme. Rares sont les voies par où l'on gaspille autant la divinité de l'homme que par le son et la parole. Les déchets et les rebuts de notre nature kâmique trouvent souvent un exutoire dans des paroles [...]
Ceux qui sont en quête de la perle de la sagesse doivent acquérir la force des muscles, la maîtrise du souffle et la finesse de la nage nécessaires contre les vagues démontées de cet océan du samsâra. Tout cela est tenu caché en sûreté dans le Pouvoir du Silence. Ce pouvoir doit être invoqué, non par un serment fait à quelque autre individu, mais par un vœu chanté silencieusement et enregistré silencieusement dans le sanctuaire du Cœur. Ainsi, le sentier commence dans le silence et le secret, et finit dans l'écoute et le chant du Son insonore. Extraits de l'article de B.P. Wadia « Le vœu de Silence » [lien sur www.theosophie.fr]

Notre devoir est de rendre notre monde meilleur
« N'est-ce pas le plus grand de tous les arts, celui qui touche l'atmosphère même dans laquelle nous vivons ? Qu'il soit le plus important est perçu immédiatement, quand nous nous souvenons que chaque personne en respirant affecte l'atmosphère mentale et morale du monde, et aide à colorer le jour de ceux qui sont autour de lui. Ceux qui n'aide pas à élever les pensées et les vies des autres doit soit les paralyser par l'indifférence, soit les pousser activement vers le bas. [...] nous devons nous efforcer « d'apprendre l'art de rendre la vie non seulement belle mais divine. [...] Mais chaque homme doit découvrir à nouveau ce fait par lui-même, et quand il a réalisé cela il sait deviendra une épave s'il ne s'efforce pas à faire de ce fait une réalité dans sa propre vie. Le stoïque devient sublime parce qu'il reconnaît sa responsabilité absolue et ne cherche pas à s'en échapper ; le transcendentaliste fait plus, parce qu'il a foi dans les possibilités inconnues et non expérimentées qui résident en lui-même. L'occultiste réalise pleinement la possibilité et ne revendique son titre qu'après avoir acquis et vérifié la connaissance de ses propres possibilités. » ‒ Extraits de l'article de H.P. Blavatsky "1888".

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Citations complémentaires en rapport avec le Mouvement Théosophique

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Sommaire

Une chaîne ininterrompue de Sages et de grands penseurs
Les Maîtres, les disciples et les acteurs « éclairés »
Des hommes connus
L'existence d'un tronc commun des religions
Le symbolisme Théosophique


Une chaîne ininterrompue de Sages et de grands penseurs

« L'être le plus intelligent de l'univers, l'homme, n'a donc jamais été privé d'ami ; une lignée de frères aînés veille continuellement sur le progrès des moins avancés, conserve le savoir acquis à travers de longs âges d'épreuve et d'expérience, et cherche continuellement des occasions pour porter l'intelligence croissante de la race — sur notre globe ou sur tout autre — à considérer les grandes vérités concernant la destinée de l'âme. Ces frères aînés conservent aussi la connaissance qu'ils ont acquise des lois de la nature dans tous les domaines, et sont prêts à l'employer pour le bien de l'humanité, quand la loi cyclique le permet. Ils ont toujours constitué une confrérie, se connaissant mutuellement quelle que soit la partie du monde où ils se trouvent, et œuvrant tous par différents moyens pour le bien de la race. A certaines époques, ces frères aînés sont bien connus des hommes et se déplacent parmi eux quand l'organisation sociale, la vertu et le développement des nations le permettent. »  ̶  (L'Océan de Théosophie, p. 3)

Les Maîtres, les disciples et les acteurs « éclairés »

« Certaines œuvres ne peuvent être accomplies que par le Maître, tandis que d'autres nécessitent l'assistance des compagnons. C'est la tâche du Maître de conserver la véritable philosophie, mais l'aide des compagnons est nécessaire pour la redécouvrir et la promulguer. Les frères aînés ont indiqué une fois de plus où l'on pouvait trouver la vérité - la Théosophie - et les compagnons, dans le monde entier, s'efforcent de la présenter pour en accroître la diffusion et la propager. » [...]
« L'histoire d'Apollonius de Tyane est celle d'un membre appartenant à l'un de ces mêmes ordres des temps anciens qui apparaissent parmi les hommes lors d'un cycle descendant, dans le seul but d'en rendre témoignage auprès des générations futures. Abraham et Moïse de la tradition juive sont deux autres Initiés, des Adeptes qui devaient accomplir leur mission auprès d'un certain peuple. Dans l'histoire d'Abraham il est question de Melchissédech qui était si supérieur à lui qu'il avait le droit de lui conférer une dignité, un privilège ou une bénédiction. Le chapitre de l'histoire humaine où l'on rencontre les noms de Moïse et d'Abraham est également illuminé par celui de Salomon. Ces trois êtres forment ainsi une imposante triade d'Adeptes et les annales relatant leurs actions ne peuvent être écartées comme de pures fantaisies dénuées de fondements. »  ̶  (L'Océan de Théosophie, pp. 6, 8/9).
« Moïse fut instruit par les Égyptiens et en Médie, de ces deux sources il acquit de grandes connaissances occultes, et tout étudiant avancé de la grande Maçonnerie Universelle reconnaîtra, à travers tous les livres de Moïse, la main, le plan et l'œuvre d'un Maître. Abraham connaissait tous les arts et beaucoup des pouvoirs d'ordre psychique qui étaient développés de son temps, sinon il n'aurait pu fréquenter des rois et être " l'ami de Dieu ", il suffit d'ailleurs de l'allusion à ses conversations avec le Tout-Puissant, au sujet de la destruction des villes, pour démontrer qu'il était un Adepte ayant depuis longtemps dépassé le stade des cérémonies, ou autres aides accessoires. Salomon complète cette triade et se dessine en caractères de feu. Il est entouré de légendes et de contes si nombreux concernant ses rapports avec les puissances élémentales et ses pouvoirs magiques que nier son grand caractère, et ne pas reconnaître son incarnation parmi les hommes comme un exemple remarquable de l'incarnation d'un puissant Adepte, équivaudrait à considérer le monde entier de l'antiquité comme un ensemble d'hommes insensés, inventant des mensonges pour s'amuser. Rien ne nous oblige à accepter le nom de Salomon, ni de croire qu'il régna sur les Juifs ; mais il nous faut admettre le fait que, dans les temps obscurs auxquels les annales des Juifs font allusion, un homme, qui fut un Adepte, vécut et agit parmi les peuples de la terre, et que le nom de Salomon lui fut donné plus tard. »  ̶  (L'Océan de Théosophie, p. 9).
« Si nous tournons notre attention vers l'Inde ignorée et oubliée pendant si longtemps par l'Occident sensuel et égoïste, batailleur et commerçant, nous y trouvons toute une tradition relative à ces hommes étonnants dont Noé, Abraham, Moïse et Salomon ne sont que des exemples. »  ̶  (L'Océan de Théosophie, p. 10).

Des hommes connus

« Ni le Bouddha, ni Pythagore, ni Confucius, ni Orphée, ni Socrate, ni même Jésus n'ont rien laissé par écrit. Néanmoins, la plupart d'entre eux sont des personnages historiques, et leurs doctrines sont toutes parvenues jusqu'à nous. Ce sont les disciples d'Ammonios (parmi lesquels se trouvaient Origène et Hérennius) qui ont écrit des traités et expliqué l'éthique de leur maître. Ces traités sont certainement aussi historiques, sinon plus, que les écrits des Apôtres. De plus, ses élèves, Origène, Plotin et Longin (qui fut conseiller de la fameuse reine Zénobie) ont tous laissé par écrit de volumineux témoignages sur le système des Philalèthes, au moins dans la mesure où leur profession de foi était connue publiquement, car l'École avait, outre ses doctrines exotériques, des doctrines ésotériques. »  ̶  (La Clef de la Théosophie, p. 21).
« Il y a quelques années, un Anglo-Indien bien connu, demanda par écrit aux Adeptes théosophes s'ils avaient jamais imprimé leur marque sur le tissu de l'histoire, en doutant qu'ils l'aient fait. [...] Ils accomplissent leur œuvre dans les coulisses. En termes plus explicites, ces hommes étonnants ont de tout temps influencé la destinée des nations, [...] ou les sauveurs de nations comme Washington, Lincoln et Grant, doivent leur élévation, leur singulière puissance et leur emprise étonnante sur les hommes aptes à les aider dans leur entreprise, non à l'entraînement poussé de leur intellect, ni à une longue préparation dans les écoles de leur époque, mais bien à ces invisibles Adeptes, qui ne briguent aucun honneur, ne recherchent aucune publicité et n'exigent aucune reconnaissance.
« Chacun des grands conducteurs d'hommes que j'ai mentionnés avait eu, dans ses années d'obscurité, ce qu'il a appelé des prémonitions de grandeur future, ou d'association avec des événements marquants dans l'histoire de sa patrie.
« Lincoln avait toujours eu le sentiment que, d'une façon ou d'une autre, il devrait servir un jour d'instrument pour une grande tâche ; et on trouve, ici et là, dans les propos de Bismarck, des allusions à ces moments de silence (dont il ne parlait jamais ouvertement) où il sentait en lui-même l'impulsion qui allait l'amener à accomplir tout ce qui serait compté comme bien dans son action. Je pourrais citer une longue liste d'exemples montrant que les Adeptes ont laissé «une marque ineffaçable imprimée sur les différentes ères ».  ̶  (Les Echos de l'Orient, p.  59/60).

L'existence d'un tronc commun des religions

« La preuve de l'identité fondamentale des anciennes religions se reconnaît dans la persistance d'un système d'initiation; dans celle des castes sacerdotales secrètes gardiennes des puissantes paroles mystiques et dans les exhibitions publiques du contrôle sur les forces naturelles, preuve évidente d'un rapport avec les êtres surhumains. » ̶ (Isis Dévoilée, vol. 3, p. 134   ̶   Éd. Les Éditions Théosophiques).
« La Théosophie est l'essence de toute religion .et de la vérité absolue dont une goutte seulement constitue la base de chaque croyance... elle est ici-bas, le rayon blanc du spectre solaire, et chaque religion n'est qu'une des sept couleurs prismatiques. Chaque rayon coloré, méconnaissant tous les autres et les déclarant faux, prétend non seulement à la priorité, mais affirme être ce rayon blanc lui-même, et, pour cette raison, condamne même ses propres nuances, du clair au foncé, comme autant d'hérésies. Pourtant, comme le soleil de la vérité se lèvera toujours plus haut au-dessus de l'horizon de la perception des hommes, et comme chaque rayon coloré s'évanouira peu à peu jusqu'à ce qu'il soit résorbé, l'humanité cessera à la fin d'être affligée de polarisations artificielles et se trouvera baignée dans la pure lumière solaire et incolore de la vérité éternelle. Et cette vérité, sera la Theosophia. »
« Les néo-platoniciens formaient un ensemble important, et appartenaient à diverses écoles de philosophie religieuse, comme c'est le cas pour nos théosophes. À cette époque, le Juif Aristobule affirmait que l'éthique d'Aristote représentait les enseignements ésotériques de la loi de Moïse ; Philon le Juif essayait de concilier le Pentateuque avec la philosophie pythagoricienne et platonicienne; et Josèphe prouvait que les Esséniens du Carmel n'étaient que les imitateurs et les continuateurs des Thérapeutes (ou guérisseurs) égyptiens. Il en est de même de nos jours. Nous pouvons indiquer la généalogie de chaque religion chrétienne, comme aussi de chaque secte, fût-ce la plus petite. Ces sectes sont les pousses ou rameaux mineurs issus des branches principales ; mais branches et rameaux proviennent tous du même tronc : la RELIGION-SAGESSE. Prouver cela fut le but d'Ammonios qui s'efforça d'amener les gentils et les chrétiens, les juifs et les idolâtres, à mettre de côté leurs disputes et leurs controverses, en se souvenant seulement qu'ils étaient tous en possession de la même vérité sous des parures diverses, et qu'ils étaient tous enfants d'une même mère. C'est aussi le but de la Théosophie. »  ̶  (La Clef de la Théosophie, pp. 73, 18).
« De même que le rayon de la lumière blanche est décomposé par le prisme dans les sept couleurs du spectre solaire, de même aussi le rayon de la vérité divine, en passant par le triple prisme de la nature de l'homme s'est brisé en fragments multicolores, dénommés RELIGIONS. Et comme les rayons du spectre se fondent l'un dans l'autre dans des nuances imperceptib1es de même aussi les grandes théologies qui ont paru à des degrés divers de séparation de la source primitive, ont été reliées par des schismes mineurs, des écoles et des branches poussées de l'une et de l'autre. Combinées, leur réunion représente une seule vérité éternelle ; séparées elles ne sont que les ombres de l'erreur humaine et les témoins de son imperfection. »  ̶  (Isis Dévoilée, vol. 4, p. 394  ̶  Éd. Les Éditions Théosophiques).
« Il n'y a jamais eu, et il ne peut y avoir plus d'une religion universelle ; car il ne peut y avoir qu'une vérité concernant Dieu. Elle enlace notre globe dans tous les sens, ainsi qu'une immense chaîne, dont l'extrémité supérieure, l'alpha, demeurerait invisible, émanant de la divinité, in statu abscondito avec chaque théologie primitive ; elle ne laisse aucun recoin inexploré, avant que l'autre extrémité, l'oméga retourne rejoindre le point d'où elle émane. C'est sur cette chaîne divine qu'est établie la symbologie exotérique de tous les peuples. »  ̶  (Isis Dévoilée, vol. 2, p. 377 ̶ Éd. Les Éditions Théosophiques).

Le symbolisme Théosophique

saux de la socit thosophique

« Sur la circonférence tracée par le serpent, et près de sa tête, se trouve, dans le plan médian de la figure, un petit cercle au milieu duquel figure le Swastika, simple croix dont les quatre extrémités sont défléchies latéralement. A l'intérieur de l'espace central délimité par les deux triangles entrelacés, est figurée la célèbre croix des Egyptiens, ou croix ansée, qui est de beaucoup plus ancienne que le symbole chrétien. C'est une croix privée de son bras supérieur, qui est remplacé par un ovale dont la base étroite repose sur le sommet de la croix, en formant ainsi le bras supérieur. Ce symbole doit être de couleur blanche. Autour de l'ensemble est inscrite la devise de la Société : « Il n'y a pas de religion au-dessus de la vérité » — devise de famille des Maharajahs (grands rois) de Bénarès, la cité sacrée de l'Inde. Parfois, au-dessus du sceau, est inscrit le mot « OM », mot sacré des hindous avec la première lettre de l'alphabet sanskrit. »  ̶  Extrait de l'article publié par W.Q. Judge « Le Symboles Théosophiques » – (Cahier Théosophique n° 150).

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Une version du Songe de Scipion

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Une version du « Somnium Scipionis » de Cicéron
Traduction de l'article publié par Madame Blavatsky en anglais pour la première fois dans la revue Lucifer, de Juillet 1889.

Pour ceux qui cherchent les perles éparses, qui ornèrent autrefois la poitrine sacrée de la vierge pure des mystères, avant qu'elle ne soit déshonorée et que sa robe et ses joyaux ne soient piétinés dans la fange, ce court extrait de Cicéron, connu généralement sous le nom de Songe de Scipion (1), est peut-être le récit le plus intéressant parmi les écrits volumineux du grand orateur romain.
Il importe peu, présentement, de savoir si Tulle (2) a tiré son information, d'écrits d'écoles exotériques de philosophie pythagoricienne ou platonicienne, ou de sources privées.
Ces derniers temps, pour défendre sa cause, l'Antiquité a fait appel à un haut tribunal, et nous accueillons, comme témoin à ce procès important, le noble Scipion et l'invitons à la tribune libre et impartiale de Lucifer, pour plaider en paroles si éloquentes, sages et claires, que le jury – les bons lecteurs de Lucifer – n'aura pas besoin de solliciter d'autres témoignages (3).
Pour ceux qui aiment les dates et les faits, ainsi que les descriptifs anatomiques et excessifs de la chronique moderne, disons que le songe se produisit dans les circonstances suivantes :

Au début de la Troisième Guerre punique, en 149 avant J.-C., Scipion Émilien (4), le philosophe et homme de lettres distingué, accompagnait l'armée romaine en Afrique. Là, il rencontra le vieux Massinissa, prince de Numidie, l'ami de son bisaïeul par adoption, le célèbre Africain (premier). Après avoir passé la journée à discuter des institutions politiques de leurs pays respectifs, et que le vieux prince eût rappelé ses souvenirs de l'Africain aîné, pour lequel il gardait la plus vive affection, Scipion, fatigué par la longue conversation, et épuisé par son voyage, se retira sur sa couche et tomba vite en profond sommeil. Et tandis qu'il dormait, son grand-père lui apparut, en songe, sous une forme ressemblant plus à celle de sa statue qui lui était familière que de sa propre personne. Et après avoir prédit les exploits futurs de son petit-fils adoptif et les circonstances de sa mort dans tous leurs détails, il continua ainsi (c'est Scipion qui relate l'histoire) :

« Afin que tu sois mieux préparé à protéger ton pays, soit convaincu de ceci. Tous ceux qui ont préservé, aidé ou agrandi leur pays, ont au ciel une place certaine et assignée, où ils jouissent de béatitude durant des âges sans fin. Car pour la Déité Suprême, qui régit tout l'univers, rien, sur Terre, n'est plus agréable que les assemblées et les réunions, où les hommes sont unis par la loi, et qu'on nomme les États. C'est de ce lieu que viennent les régents et les protecteurs des États, et où ils retournent. »

Là-dessus, quoique extrêmement troublé, je demandai si mon père Paul [Émile] et d'autres, que nous croyions disparus, vivaient encore (5).

« Très certainement, » répondit l'Africain « ils vivent, car ils se sont libérés, comme d'une prison, des chaînes de leur corps. Ce que vous appelez la vie est la mort. Mais regarde ton père Paul qui s'approche de toi. »
Et quand je vis mon père, j'éclatai en larmes. Mais lui, me serrant sur sa poitrine en m'embrassant réprima mon émotion. Et dès que j'eus séché mes larmes et fus capable de parler, je lui demandais : « Prythee, mon père si vénéré et excellent, d'après ce que je viens d'entendre de l'Africain, pourquoi dois-je rester sur Terre, et ne puis-je vous rejoindre pour partager votre condition (6) ? »

« Ce n'est probablement pas possible », répondit-il, « car à moins que la Déité, dont le temple est formé de tout ceci, ne te libère des liens qui t'attachent au corps, la voie jusqu'ici ne peut t'être ouverte. Car c'est la loi qui gouverne la naissance des hommes ; ils doivent prendre soin de ce globe que tu vois, qui est au milieu de ce temple, et qu'on appelle la Terre. Une âme a été donnée à chacun qui émane de ces feux éternels que vous appelez les constellations et étoiles. Celles-ci globulaires et rondes, sont animées par des esprits divins, et elles parcourent leurs cycles et leurs orbites à une vitesse étonnante. C'est pourquoi toi, Publius, et tous les hommes bons, vous devez faire que votre âme soit la gardienne de vos corps, et vous ne devrez pas quitter la vie des mortels sans l'ordre de cet Être par lequel une âme vous fut donnée, et que vous n'ayez accompli votre devoir envers l'humanité tel que vous l'a assigné la Déité. Pratique donc la justice et l'esprit du devoir (7), comme ton grand-père et moi-même, ton père, l'avons fait. Or, le devoir, aussi excellent qu'il soit, lorsqu'il est pratiqué envers les parents et la famille, est meilleur encore lorsqu'il est accompli pour son pays (8). Ce choix de vie est le sentier qui conduit au Ciel et à cette assemblée d'hommes qui ont vécu, et sont maintenant libérés de leurs corps terrestres, et habitent le lieu que tu vois. »

Ce lieu était un halo circulaire lumineux d'une splendeur éclatante parmi les corps flamboyants (9), que nous, à la suite des grecs, appelons la Voie lactée, et dont, tous les autres astres me paraissaient, tandis que je les regardais, excessivement brillants et merveilleux. Il y avait des astres non visibles de la Terre ; et dont la taille de chacun dépassait tout ce que nous pouvions imaginer. Le plus petit était celui, le plus proche de la Terre, qui était le plus éloigné du Ciel divin, et qui brillait d'une lumière empruntée (10). De plus, les globes stellaires dépassaient de beaucoup la taille de la Terre, qui, maintenant, m'apparaissait si petite que j'avais peine à voir notre empire réduit, pour ainsi dire, à un point (11).
Et tandis que je continuais à regarder avec un intérêt croissant, l'Africain continua :
« Combien de temps ton attention restera-t-elle rivée à la Terre ? Ne vois-tu pas dans quel sanctuaire (12) tu es entré ?
« Toutes les choses sont liées ensembles par neuf sphères ou globes. La dernière de celles-ci est céleste et contient tous les autres ; étant cette Déité suprême qui les régule et les contient. Dans cette sphère sont inscrites les révolutions cycliques et éternelles des astres (13) ; et, les sept sphères lui sont soumises et tournent dans un mouvement opposé, et rétrograde par rapport à elle (14). Parmi ces astres, il y a cette sphère qu'on nomme sur Terre, Saturne. À proximité, il y a cette splendeur qu'on appelle Jupiter, et qui est bienfaisante et salutaire pour la race humaine. Puis une sphère de couleur rouge, redoutable pour la Terre, que vous appelez Mars. Vient ensuite, proche de la région moyenne, le Soleil, le conducteur, le chef et régent des autres lumières, le mental du monde et son principe-guide, qui par sa taille illumine et inonde tout de sa lumière. Les deux orbites de Vénus et Mercure suivent le Soleil, comme des serviteurs. Dans la sphère inférieure, la Lune accomplit sa révolution, éclairée par les rayons du Soleil. En dessous d'elle, il n'y a rien qui ne soit pas sujet à la mort et à la déchéance, hormis les âmes accordées à la race des hommes par le don des dieux. Au-dessus de la Lune, toutes les choses sont éternelles. Quant à la Terre, elle est au centre la neuvième sphère ; elle ne se meut pas et est la plus basse, et tous les corps pondérables sont attirés à elle par leur gravité naturelle (15). »

Et quand je quittais la contemplation étonnante de toutes ces choses, je demandais, « Qu'elle est cette harmonie puissante et mélodieuse qui emplit mes oreilles ? »

Il me répondit : « Cette mélodie formée d'intervalles irréguliers, et harmonieusement proportionnés, est produite par l'impulsion et le mouvement des sphères elles-mêmes qui, en unissant les tons aigus et graves, compose continuellement diverses symphonies. Des mouvements aussi puissants ne peuvent s'accomplir en silence, et la nature fait en sorte que les extrêmes donnent à un bout une note grave, et à l'autre une note aigue. Par conséquent, j'ai mentionné les astres qui sont sur la plus haute orbite, dont la révolution est la plus rapide, et qui se meuvent avec un son aigu et fort, alors que la sphère de la Lune, qui est la plus basse, produit un son très grave. Tandis que la Terre, la neuvième, toujours immobile, se tient à l'endroit le plus bas, et embrasse la place centrale dans l'univers (16).
« Les huit sphères (17) dont deux ont un même pouvoir, Mercure et Vénus, créent une gamme de tons formant sept intervalles distincts ; ce nombre [sept] est le principe (18) qui uni presque toutes les choses. Et les hommes cultivés qui imitent ce mystère à l'aide de cordes et d'harmonies vocales, gagnent pour eux-mêmes le droit de revenir en ce lieu ; comme ceux qui, doués de pouvoirs naturels extraordinaires, ont étudié les sciences divines au cours de la vie terrestre (19).
« Mais, les mortels sont devenus sourds à ces sons, car leurs oreilles sont continuellement saturés de ces sons ; de sorte que l'ouïe est le plus émoussé des sens, comme il en est pour ceux qui habitent près des cataractes du Nil dont l'ouïe est sourde. Ainsi, ce son généré par la révolution extrêmement rapide de tout le Cosmos (20), est si puissant, que les oreilles humaines ne peuvent plus le distinguer ; pas plus que vous ne pouvez regarder le soleil en face sans que votre vue et vos sens soient vaincus par ses rayons. »

Maintenant tandis que j'étais frappé d'étonnement par ces choses, je tenais toujours les yeux tournés vers la Terre. Alors, l'Africain me dit : « Je vois, Scipion, que tu fixes toujours le lieu et la demeure des mortels. Mais si elle te paraît si petite, comme elle l'est réellement, ne serait-il pas préférable de garder tes yeux toujours fixés sur ces perceptions célestes et les détourner de la Terre. Car quelle renommée de la bouche des hommes, ou quelle véritable gloire, peux-tu espérer ? Tu vois que la population terrestre est confinée dans quelques endroits dispersés et petits, et que de grandes étendues inhabitées entourent les zones habités. Tu vois que les habitants de la Terre sont séparés les uns des autres, et les contacts entre eux sont impossibles : que des hommes se tiennent de côté, d'autres en arrière, d'autres exactement à l'opposé de toi (21), et dont tu ne peux espérer aucune gloire. Tu vois, aussi, que la Terre est environnée et entourée, pour ainsi dire, de ceintures : dont deux séparées par une très grande distance sont situées aux deux extrémités sous les pôles célestes (22), et sont couvertes d'une couche rigide de glace ; et la zone médiane, qui est aussi la plus large, est brulée par la chaleur du soleil. Deux de ces ceintures sont habitables : la zone au sud, où les habitants ont les pieds tournés vers toi (23), n'a aucun rapport avec ton peuple. Quant à la zone (tempérée) au nord qu'habite ton peuple, regarde quelle petite portion vous en possédez. Toute sa surface qui s'étend un peu au nord et au sud, et beaucoup plus à l'est et à l'ouest, n'est qu'une bande (24) insignifiante entourée par la mer que vous nommez sur Terre l'Atlantique, la Grande Mer ou l'Océan. Et pourtant, vois comme cette zone est petite en dépit de son grand nom. Comment, alors, est-il possible que ton nom ou celui de quiconque de nos compatriotes puisse dépasser ces pays familiers et bien connus, et traverser le Caucase que tu vois, et franchir le Gange qui s'étend là-bas ? Qui, ailleurs dans le monde, en orient ou en occident, dans l'extrême sud ou l'extrême nord, entendra ton nom ? Et si tu fais abstraction de cela, tu vois aisément, dans quelles limites étroites peut se répandre ta gloire.

« Pendant combien de temps ceux qui parlent de toi, le feront-ils encore ? Car même si les générations futures désirent transmettre les louanges de l'un de nous, tels qu'ils ont pu les recevoir de leurs pères, les cataclysmes par l'eau et le feu (25) qui doivent se produire à des périodes déterminées, feront que nous ne pourrons pas avoir de renommée durable, et encore moins éternelle. Car quel profit peux-tu tirer des hommes qui naîtront après toi parlent de toi, alors que ceux qui naquirent avant toi, assurément non moins nombreux et certainement meilleurs sont silencieux. Et, en plus, aucun de ceux qui pourraient transmettre notre renommée n'est capable de garder la mémoire des faits d'une seule année. Or, les hommes considèrent habituellement l'année en se référant au soleil, c'est-à-dire à la révolution d'une étoile : mais ce n'est que lorsque toutes les constellations (26) ont retrouvé leurs positions initiales, et ont ramené la même configuration céleste après de longs intervalles, qu'on peut parler d'une révolution complète du soleil. Et ce cycle, je n'ose dire combien il inclut de siècles humains. Car comme autrefois, quand l'âme de Romulus entra dans ces maisons [du zodiaque], et que les hommes virent le soleil s'obscurcir et s'éteindre, il s'obscurcira à nouveau quand lui-même et tous les signes et les étoiles retrouveront la même position et période. C'est alors seulement qu'on pourra dire que le cycle est achevé. Mais sache qu'il ne s'est pas encore écoulé le vingtième de cette année (27).

« Ainsi donc, si tu espères revenir en cet endroit, là où les hommes grands et excellents jouissent de toutes choses, de quelle valeur, je te demande, est cette gloire humaine, qui ne dure qu'une si minime partie du cycle ? Alors regarde, s'il te plait, vers le haut et fixe ton attention sur cet état et sur ta demeure éternelle, au lieu de consacrer ta vie à espérer une gloire vulgaire, et les richesses provenant des récompenses humaines. Le véritable mérite, par son seul pouvoir, devrait te conduire au vrai succès. Ce que les autres disent de toi, laisses-les faire ; rien ne pourra les taire. Mais une telle gloire est limitée aux bornes étroites des régions que tu vois. Aucun homme n'a joui d'une renommée durable, car elle est détruite par la mort et anéantie par l'oubli de la postérité (28). »

« Ô, l'Africain », dis-je « puisqu'il existe effectivement un sentier d'accès (29) à la grande route du ciel, ouvert aux hommes qui ont bien mérité de leur patrie – comme depuis mon enfance je marche sur les traces de toi-même et de mon père, et n'ai jamais été déloyal à votre noble renommée – maintenant, avec une telle perspective devant moi, je m'efforcerai d'être encore plus vigilant que jamais. »

« Persévères », répondit-il, « avec l'assurance que ce n'est pas toi qui es sujet à la mort, mais ton corps. Car ce qui est réellement toi-même, ce n'est pas l'entité que ta forme corporelle prétend être, mais c'est l'homme réel, le principe pensant (30) en chacun ; et ce n'est pas la forme qui peut être touchée du doigt. Alors, avec cela, sois convaincu que, tu es un Dieu ; et la divinité en chacun est douée de volonté, sensation, mémoire, prévision, et peut régir, réguler et mouvoir le corps dont elle a la charge, comme le fait la Divinité Suprême pour l'univers. Et comme la déité éternelle qui guide le Cosmos qui est sujet dans une certaine mesure à la décrépitude (31), de même l'âme éternelle anime le corps périssable. Maintenant ce qui est toujours en mouvement est éternel. Mais ce qui communique le mouvement à quelque chose d'autre et qui est mis en mouvement par une cause extérieure, doit nécessairement cesser d'exister, lorsque son énergie s'épuise.
« Par conséquent, ce qui a en lui-même le principe du mouvement qui ne peut lui faire défaut, représente la seule possibilité d'existence éternelle, et c'est la source et le principe causal du mouvement de tous les corps animés. Ce principe ne peut toutefois avoir de cause antécédente. Car toutes choses émanent de ce principe qui ne peut, par la nature des choses, être généré par quoi que ce soit d'autre ; car s'il en était ainsi, il cesserait d'être la cause première. Et s'il est sans commencement, il ne peut évidemment avoir de fin, car si le principe de la causalité devait disparaître, il ne pourrait renaître de rien, ni donner naissance à quoi que ce soit indépendant de lui-même ; et, tout doit nécessairement être généré à partir du principe causal. Ainsi, le principe du mouvement provient de ce qui est doué du mouvement inhérent, et qui ne souffre ni la naissance ni la mort. Sinon le ciel lui-même s'écroulerait, et toute la nature s'immobiliserait nécessairement, puisqu'elle ne pourrait plus bénéficier de cette force qui l'impulse depuis son origine.

Ainsi donc, puisqu'il est évident que seul ce qui est mû par lui-même est éternel (32), qui pourrait nier que c'est l'attribut rationnel des âmes ? Tout ce qui est mis en mouvement par une cause externe est privé du principe de l'âme (33), tandis que tout ce qui est doué d'une âme (34) est animé par un mouvement intérieur et auto-créé ; car c'est la nature et le pouvoir propre de l'âme. Et si l'âme seule a l'attribut du mouvement inhérent, elle n'est certainement pas sujette à la naissance, mais elle est éternelle. Exerce donc ton âme aux aspirations les plus nobles. Maintenant, le motif le plus haut d'un homme est pour le bien de son pays ; et si l'âme s'emploie et s'exerce à la poursuite de cet idéal, elle prendra plus rapidement son envol vers ces régions et sa propre maison. Et le moment de cette réalisation sera grandement hâté si dès à présent, l'âme dépasse les limites de la prison du corps, et tout en contemplant les choses qui ne sont pas matérielles, elle se sépare autant que possible de son tabernacle terrestre.

« Car les âmes de ceux qui s'adonnent aux plaisirs du corps, qui sont esclaves des sens, et prisonniers des passions, et dont le but est le plaisir, transgressent les lois des dieux et des hommes ; en quittant le corps, elles errent autour de la Terre, et ne retournent pas à ce havre céleste avant d'avoir été tourmentées durant de longs âges (35). »
Il disparut, et je me réveillai de mon sommeil.

— E. E. O. (M.S.T.)

NOTES :
(1) - [Le texte de Cicéron figure dans le chapitre VI de son ouvrage De la République ‒ N.D.T.] (retour texte)
(2) - [Tulle, prénom de Cicéron ‒ N.D.T.]
(3) - Les passages les plus remarquables sont imprimés en italiques.
(4) - [Scipion du mot latin scipio qui signifie « bâton », ou « bâton triomphal ». Surnom d'une illustre branche romaine de la gens Cornelia au IIe et IIIe siècle av. JC. On distingue en particulier :

• Scipion l'Africain, le premier Africain (en latin : Publius Cornelius Scipio Africanus major ‒ 253-183 av. JC),
• Scipion Émilien, le second Africain (nom latin : Publius Cornélius Scipio Æmilianus Africanus minor ‒ 185/4-129 av. JC, fils du général romain Paul Émile. Il fut adopté par la famille Cornélius,). Le Gaffiot et Larousse ‒ N.D.T.]

(5) - Le mot extinctos, est très fort par opposition à viveret qui exprime la continuation de la vie [c.-à-d., l'immortalité ‒ N.D.T.].
(6) - Hac, [adv. = par ici. – F. Gaffiot] [Les conditions évoquées sont en rapport avec l'immortalité de l'âme – N.T.D.]
(7) - Pietas. [= sentiment qui fait reconnaître et accomplir tous les devoirs envers les dieux, parents, patrie, etc. – F. Gaffiot – N.T.D.]
(8) - Le mental romain ne voyait pas de devoir plus élevé que celui-ci. C'était nécessairement le summum bonum d'une race qui, dans ses meilleurs jours, fut toujours une race de guerriers et d'hommes d'Etat.
(9) - Inter flammas, corps flamboyants.
(10) - Le Ciel (coelum) signifie ici la Lactaeus Orbis, la Voie lactée.
(11) - Les lignes ci-dessus, ainsi que le passage plus extraordinaire encore qui se trouve dans la suite, écrites quelque cinquante ans avant J.C., constituent une réelle pierre d'achoppement pour les critiques, qui on émis à leur sujet les hypothèses les plus fantastiques sous une apparente érudition. Parmi celles-ci, en voici une qui est intéressante : « Si nous comparons ce chapitre avec le 40e chapitre des Prophéties d'Isaïe et avec d'autres fragments de la même prophétie, il nous sera difficile de croire que ce livre inspiré n'était pas, tout ou en partie, connu des romains, à l'époque de Cicéron ». Le passage d'Isaïe invoqué est le suivant (v. 22) : « Il trône au-dessus du cercle de la terre dont les habitants sont comme des sauterelles, il tend les cieux comme une toile, les déploie comme une tente où il habite » [trad. Bible de Jérusalem ‒ N.D.T.]. Les autres passages signalés n'ont pas encore été découverts par le traducteur. Verbum sapienti satis.
(12) - Templum signifie un espace des cieux séparé du reste ; c'était le terme technique correspondant à la « Maison des Cieux » des augures.
(13) - Illi, qui volvuntur, stellarum cursus sempiterni, un passage assez obscur ; la traduction « les principes originaux de ces révolutions sans fin que les planètes accomplissent » n'est pas confirmée par le Latin.
(14) - Voir Platon, Timée, XII, « ...et fit l'un des cercles extérieur, l'autre intérieur. Il proclama que le mouvement du cercle extérieur serait la ressemblance, et celui du cercle intérieur la différence. »
(15) - Si de ces neuf sphères, nous soustrayons la sphère céleste ultime et la Terre, qui est périssable, nous aurons, comme dans le système oriental, un septénaire, car les soi-disant premier et septième principes ne sont pas véritablement des principes. Il faut laisser à l'intuition de l'étudiant le soin de décider si l'écho de cette ancienne science, ce rayon fugitif de la lampe des Mystères, doit être appliqué littéralement, ou pas, aux sept corps physiques appelés planètes en astronomie ancienne ; ceci n'est qu'une suggestion pour ceux qui ont des oreilles pour entendre. « Car le Mercure des Philosophes n'est pas le mercure ordinaire ». Dans la science occulte, les sept « planètes » physiques de l'astrologie sont simplement les symboles des sept principes de tout corps matériels. Voir La Doctrine Secrète [Vol. I, pp. 152/3 de l'édition anglaise].
(16) - Complexa medium mundi locum ; ceci se traduit généralement par « occupant le point central de l'univers » une traduction assez étrange et peu courante de complexa, qui n'est jamais rencontré avec ce sens dans d'autres contextes. En lui donnant, toutefois, son sens courant d' « embrassant », une clef est donnée pour comprendre qu'il s'agit d'une sphère. Les lecteurs intéressés par les harmonies mystiques, la musique des sphères et leurs correspondances occultes, devraient soigneusement étudier les premiers chapitres du Timée de Platon ; ceci sera toutefois une entreprise difficile s'ils s'appuient que sur les traductions courantes.
(17) - La sphère céleste n'est pas comprise, étant donné que les tons variés sont produits par la vitesse différente des sphères tournant en sens opposé à elle.
(18) - Nodus [= nœud, (poét.) ceinture – F. Gaffiot – N.T.D.]
(19) - Qui praestantibus ingeniis in vitae humana divina studia coluerunt.
(20) - Totius mundi, une preuve de plus que la description précédente ne se rapporte pas aux planètes physiques.
(21) - Sed partin obliquas, partim aversos, partim etiam adversos stare vobis. Un passage assez difficile à expliquer ; le paragraphe suivant prouve toutefois, sans aucun doute, que les positions se rapportent à une surface sphérique et non à une surface plane.
(22) - Si Cicéron pensait que la Terre était plate, comment aurait-t-il pu parler de ses deux pôles ?
(23) - Quorum australis ille, in quo qui insitunt, adversa vobis urgent vestigia, nihil ad vestrum genus. Il n'y a certes aucune expression qui peut mieux témoigner de la science des anciens ! Un enfant même pourrait conclure l'argumentation par un C.Q.F.D. triomphant, et pourtant écoutez ce que dit un commentateur des écoles orthodoxes : « Voici un passage très curieux, et s'il faut croire les interprètes de notre auteur, celui-ci connaissait la vraie forme de la terre, une découverte qu'on attribue généralement à Sir Isaac Newton (?!), et qui fut confirmée par des expériences ultérieures ; mais j'avoue que j'ai quelques doutes quant au sens des mots de l'auteur et je me demande s'il ne voulait pas parler ici, non de la surface totale de la terre, mais de cette partie qu'en possédaient ou qu'en avaient conquise les Romains ». Guthrie. Requiescat in pace !
(24) - Infula, littéralement un cordon ou ruban sacré employé comme ornement dans les sacrifices.
(25) - Propter eluriones, exustiones que terrarum.
(26) - Astra ; le terme astrum [= astre, étoile, constellation ; (pl., fig.) = ciel – F. Gaffiot – N.T.D.] ne s'applique jamais aux planètes ; il signifie généralement une constellation ou un signe du zodiaque, et s'emploie au pluriel pour désigner les cieux. La traduction courante est toutefois, « planètes », ce qui est indubitablement une perversion du sens véritable.
(27) - Ce cycle astronomique était appelé par les romains Annus Magnus ou Annus Mundanus ; c'est une période d'environ 25.000 années solaires et c'est la clef des mystères des cycles Manvatariques, des Rondes, des Races et des Sous Races. La méthode de calcul de tels cycles est une des branches les plus importantes de l'astronomie occulte, et est jalousement gardée. Même dans notre Renaissance actuelle, ont tient les chiffres secrets.
(28) - À travers cet exposé remarquable sur la vanité de la gloire, le grand précepte, « tue toute ambition », est repris et amplifié, par l'esprit logique et pratique du mental romain. Il défie la Raison, et ébranle le sceptique par des faits concrets.
(29) - Une suggestion qui indique que si le véritable patriotisme n'est pas le Sentier, il peut y tende.
(30) - Mens : le Manas, le mental [= faculté intellectuelle, intelligence – F. Gaffiot – N.T.D.].
(31) - C.-à-d., le Pralaya [période de repos entre deux univers] cosmique.
(32) - C'est pourquoi l'Absolu, le Principe divin inconnu, est appelé « le Mouvement Absolu » dans La Doctrine Secrète ["the Absolute Motion" – The Secret Doctrine, Vol. I, p. 56]. Un « Mouvement » qui n'a certainement rien à voir et ne peut être expliqué par ce qu'on appelle, sur la Terre, le mouvement.
(33) - Inanimum [= inanimé – F. Gaffiot – N.T.D.].
(34) - Animal [= être vivant, animal, bête – F. Gaffiot – N.T.D.].
(35) - C'est-à-dire, se réincarnent .

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