Lundi 23 Octobre 2017

Mis à jour le Lun. 23 Oct. 2017 à 09:43

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Que se passe-t-il après la mort ?

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Peut-on comprendre la mort ?
Peut-on envisager de considérer la mort non plus comme notre grande ennemie héréditaire, mais comme une alliée secrète au service du grand projet de la vie ? La mort ne serait-elle pas nécessaire à chacun pour qu’il puisse se perfectionner de vies en vies, dans un processus cyclique de réincarnation, de vie-mort-renaissance, d’activité et de repos-assimilation, afin d’incarner toujours plus la perfection divine qui l’anime ? Ce qui se passe après la mort ne serait-il pas soumis à la Loi ? La même Loi ne régirait-elle pas la vie et la mort ?
À ces questions, la Théosophie propose un ensemble de réponses qu’il nous convient d’analyser pour en vérifier la pertinence et la vérité.
Les témoignages des « rescapés de la mort » relatant leurs expériences de conscience à l’approche de la mort nous alertent sur la réalité spirituelle qui gît au cœur de chacun d’entre nous quelle que soit sa culture, sa condition, ses croyances ou non croyances. Une littérature abondante parue depuis 1975 décrit ces « Expérience de Mort Imminente » (EMI) ― en anglais les NDE, « Near Death Experiences ». Ces témoignages concordent quel que soit le sujet (son âge, croyance, culture et région du monde) et permettent de mieux appréhender le mystère de la mort.
La Théosophie nous propose d’étudier le message des Maîtres de Sagesse qui est le fruit de leurs propres observations sur la mort, la face cachée de la vie.

L’enseignement de la tradition ésotérique
La Théosophie, les antiques philosophes et les sages de toute culture, présentent le phénomène de la mort comme un passage vers une étape de repos après la vie, afin de permettre à l’âme d’assimiler les expériences vécues, et non encore assimilées, de l’incarnation. Naissance et mort sont les deux portes de la Vie.
« Durant de long âges, des générations successives d’Adeptes ont approfondi les mystères de l’être, de la vie, de la mort et de la renaissance, et ils ont enseigné à leur tour certains des faits appris. » ‒ La Clef de la Théosophie, p. 231.

Tout est Loi, il n’y a pas de hasard. Tout est soumis à la Loi. Tout s’inscrit dans la loi universelle des cycles, et d’évolution. L’évolution de l’âme par l’expérience de la vie se fait dans un processus répété de mort-renaissance : naissance de la conscience dans un corps, évolution par étapes de l’enfance, à l’adolescence, la maturation, la vieillesse, la décrépitude et la mort du corps. Après la mort il y a un temps pour permettre la séparation des aspects permanents et impermanents de l’être, puis vient la longue période de béatitude post mortem (devachan).

Généralités sur la mort
L’influence de nos croyances
« L'immortalité et la conscience après la mort deviennent toutes les deux simplement des attributs conditionnés, car elles dépendent entièrement des conditions et des croyances qu'a créées l'âme humaine elle-même durant la vie du corps. Karma agit sans cesse : nous ne moissonnons dans notre vie après la mort que les fruits de ce que nous avons semé nous-mêmes pendant celle-ci. » (H.P. Blavatsky, La Clef de la Théosophie, p. 175).
« La mort est le passage du monde positif des causes et d’activité à un monde négatif d’effets et de passivité » (H.P. Blavatsky, article « Death »).
La loi spirituelle de continuité s’applique à la vie après la mort. Pour « un matérialiste, dont l'âme humaine non seulement ne reçoit rien de l'âme divine mais encore refuse d'en reconnaître l'existence […] mais qui, malgré son matérialisme, ne fut pas un mauvais homme, l'intervalle entre les deux vies sera comme le sommeil ininterrompu et paisible d'un enfant, entièrement dépourvu de rêves, ou éventuellement peuplé d'images dont il n'aura pas de perception précise, tandis que, pour le mortel ordinaire, ce sera un rêve aussi réel que la vie elle-même, rempli de félicité et de visions s'imposant à lui avec réalisme. » (H.P. Blavatsky, La Clef de la Théosophie, pp. 175-6).
Le Manas inférieur, ou personnel, des êtres mauvais, qui ne s’est pas uni pendant la vie à l'Ego individuel (l'entité, l’âme qui se réincarne), « est abandonné et doit partager le sort des animaux inférieurs, pour se dissoudre peu à peu dans l'éther et subir l'annihilation de sa personnalité. Mais, même alors l'Ego demeure un être distinct. Après cette vie spéciale qui, dans ce cas, est en fait inutile, l'Ego spirituel ne perd qu'un seul état dévachanique [état béatifique post-mortem], dont il aurait joui sous les traits de cette personnalité idéalisée : il se réincarne presque immédiatement, après avoir, pendant une courte période, joui de sa liberté en tant qu'esprit planétaire. » (H.P. Blavatsky, La Clef de la Théosophie, p. 120).

Peut-on être certain de la mort d’un individu ?
La réponse n’est pas toujours évidente. En effet, rien hormis des preuves sûres (décomposition avancée, perte d’un organe essentiel, diagnostic médical incontestable…) ne permet d’affirmer que la vie a quittée définitivement le corps.
Dans le passé Démocrite affirmait qu’il n’existait pas de signes certains d’une mort réelle. Le retour à la vie est toujours possible si le lien qui unit l’âme-esprit au corps n’est pas rompu. On trouvera diverses références aux Anciens dans l’ouvrage Isis Dévoilée, d’H.P. Blavatsky (par exemple au chapitre XIII, « Réalités et illusion ». On lira avec intérêt le récit de Plutarque dans Les délais de la justice divine (§ 22), sur Thespésius, rescapé de la mort et sur le changement de sa personne après son accident).
« Pour qu'il y ait mort normale, il faut l'intervention d'un facteur qui n'est pas reconnu par la science médicale. Les principes de l'être, tels qu'ils ont été décrits dans d'autres chapitres, sont affectés d'une cohésion qui a son propre terme dans le temps, et, ce terme naturel atteint, ils se séparent les uns des autres en suivant leurs propres lois. Cela soulève la grande question des forces de cohésion de l'être humain, question qui à elle seule nécessiterait un volume. Je dois donc me contenter d'affirmer que cette loi de cohésion agit sur les principes humains. Avant cette fin naturelle, ces principes sont dans l'impossibilité de se séparer. Il est évident que, sauf en ce qui concerne le corps physique, la destruction normale de la force cohésive ne peut être provoquée par des procédés mécaniques. Par conséquent, un suicidé ou une personne tuée par accident, assassinée par un homme ou par ordre de la loi humaine, n'a pas atteint le point où ses autres constituants perdent naturellement leur cohésion, aussi est-il précipité en kama loka [le plan astral du désir où a lieu la séparation des principes] en état de mort partielle. Là, les principes qui subsistent doivent attendre que le véritable terme naturel de la vie soit atteint, qu'il s'agisse d'un mois ou de soixante ans. » - W.Q. Judge, Océan de Théosophie, p. 113.

La mort ouvre sur un monde d’effets et de repos
La mort permet le repos de l'âme après les labeurs d’une vie. Sans de tels intervalles de repos, l'Ego divin ne pourrait jamais atteindre son but ultime : l’immortalité.
La mort ouvre sur un monde d’effet dans lequel la conscience va se trouver face à elle-même, dans sa propre sphère subjective, sans que sa volonté n’intervienne. Dans le cas général, le choc de la mort porte un coup fatal à la conscience qui tombe dans l’inconscience, aussi soudainement que la flamme quitte la mèche d’une bougie quand on la souffle. Il faudra un certain temps pour que l’Ego extraie les semences spirituelles nécessaires à l’assimilation, à la méditation, et au repos post-mortem.
« L'Ego pensant, fatigué et épuisé, a gagné le droit à une période de repos et de béatitude absolus. La même Loi, infailliblement sage et juste, plutôt que miséricordieuse, qui inflige à l'Ego incarné la punition karmique de tous les péchés commis pendant la vie précédente sur terre, a prévu pour l'Entité, maintenant dépouillée du corps, une longue période de repos mental, c'est-à-dire d'oubli complet de tous les tristes événements — et même, jusqu'à la moindre pensée douloureuse — qui se produisirent du vivant de sa dernière personnalité, en ne laissant dans la mémoire de l'âme que le souvenir de ce qui fut félicité, ou de ce qui conduisit au bonheur.  » (H.P. Blavatsky, La Clef de la Théosophie, p. 155).

Peut-on prévoir longtemps à l’avance l’heure de sa mort ?
Oui, certains hommes le peuvent. On cite le cas des Yogis qui savent des années, ou des mois, à l’avance quel sera le moment précis de leur mort. Mais il y a des individus, qui ne sont pas des Yogis, qui reçoivent en rêve ou par clairvoyance des informations sur des évènements futurs qui surviendront dans leur vie et sur le moment de leur mort. On pourra lire à ce sujet le récit du Général Yermoloff, au XIXe siècle : article d’H.P. Blavatsky, « Un prophète astral ».

La préservation des corps et la crémation
« La crémation n’a aucun effet direct sur l’une quelconque des enveloppes ou véhicules [de l’âme], mais elle doit avoir un effet indirect de libérer la forme astrale de l’influence du corps matériel et ainsi elle permet à l’astral de se dissiper plus rapidement. Elle a encore moins d’effet sur kama [le principe des désirs] et les autres [principes] supérieurs, et elle n’en a aucun sur prana [le principe de vie] car ce dernier est toujours présent, et dans le cas de mort il va simplement œuvrer ailleurs. Le feu matériel ne peut pas avoir d’effet direct sur une substance quelconque qui n’est pas de ce plan ; il n’a donc aucun effet sur manas [le penseur] et les principes supérieurs. D’un point de vue sanitaire la crémation est très importante, car elle élimine les matières nocives ou qui sont dans un état préjudiciable aux vivants ». ‒ William Q  Judge, Forum Answers, p. 102 [éd. Theosophy Company]

La durée de la période post mortem
Selon la Théosophie le temps qui s'écoule entre deux renaissances correspond à une durée moyenne de dix à quinze siècles.

Le moment de la mort
« Quand un être meurt, c'est son cerveau qui s'éteint en dernier lieu. La vie y est encore active, alors même que l'homme a été déclaré mort. À ce moment, l'âme passe en revue tous les événements passés, et elle en saisit la portée globale ; la tendance moyenne de l'être apparaît en lumière et l'espoir dominant de la vie se montre à la conscience. L'arôme final de toute cette revue forme la note tonique de l'existence du devachan. L'homme tiède ne va ni au Ciel ni en enfer : la Nature le vomit. On ne peut atteindre à des états positifs, objectifs ou subjectifs, que par une impulsion positive. » - Extraits des Échos de l’Orient de W.Q. Judge – p. 104.
Les nombreux récits modernes des « rescapés de la mort » donnent un reflet, plus ou moins fidèle, de l’expérience des mourants. Ce sujet est abordé dans divers ouvrages Théosophiques : La Clef de la Théosophie (p. 177), l’Océan de Théosophie (pp. 104-5), les Notes sur la Bhagavad-Gîtâ (pp. 92-3).

La séparation des principes permanents et impermanents (Kama-loka)
Proclus disait : « Après la mort, l'âme (l'esprit) continue à flotter dans le corps aérien (forme astrale), jusqu'à ce qu'elle soit entièrement purifiée de toute passion nourrie de volupté ou de colère... alors, par une seconde mort, elle se débarrasse du corps aérien comme elle s'est débarrassée du corps physique. Et ensuite, les anciens disent qu'il existe un corps céleste toujours uni à l'âme, qui est immortel, lumineux et semblable à une étoile... » - (H.P. Blavatsky, Raja Yoga ou Occultisme, p. 141).
« Quand l'homme meurt, ses trois principes inférieurs se séparent de lui pour toujours ; il s'agit du corps, de la vie, et du véhicule de cette dernière (c'est-à-dire le corps astral, ou le double de l'homme vivant). Alors, ses quatre principes — le principe central ou intermédiaire (l'âme animale, ou kâmarupa) avec ce qu'il a assimilé du Manas inférieur, et la triade supérieure se trouvent en kâma loka. Le kâma loka est une localité astrale, les limbes de la théologie scolastique, l'Hadès des anciens ; strictement parlant, ce n'est une localité que dans un sens relatif. Il n'a ni étendue ni frontières définies, mais il existe dans les limites de l'espace subjectif, c'est-à-dire, au-delà des perceptions de nos sens. Il existe néanmoins, et c'est là que les eidôla astraux de tous les êtres qui ont vécu, y compris les animaux, attendent leur seconde mort. Pour les animaux, cette mort vient avec la désintégration et la disparition complète de leurs particules astrales jusqu'à la dernière. Pour l'eidôlon humain, elle commence quand la triade Âtma-Buddhi-Manas [l’Esprit – l’Âme Spirituelle – le Penseur] « se sépare », comme il est dit, de ses principes inférieurs, ou du reflet de l'ancienne personnalité, pour se plonger dans l'état dévachanique  » - (H.P. Blavatsky, La Clef de la Théosophie, p. 159).
La durée requise pour la séparation des principes avant l’entrée dans la période de repos et d’assimilation post-mortem (devachan) est très variable. Elle peut être courte de quelques heures (rarement moins) à quelques semaines environ, ou mois, et parfois quelques années. Pour « les suicidés et ceux dont la vie est soudainement fauchée par un accident, par un meurtre légal ou illégal, demeurent en kama loka jusqu'au terme de ce qu'aurait été leur vie si elle n'avait été subitement tranchée. » - W.Q. Judge, Océan de Théosophie, p. 113.
Peut-on communiquer (objectivement) avec une entité en kama-Loka la réponse est non, hormis quelques cas rares exceptionnels.

Lecture complémentaire :
Article de R. Crosbie : « Les morts peuvent-ils communiquer ? ».
Article d'H.P. Blavatsky : « Correspondance : Réponses à d'anciennes questions »
Article de W.Q. Judge : « Le suicide n'est pas la mort ».

La période d’assimilation et de béatitude post mortem (devachan)
Les Théosophes désignent la période de béatitude qui fait suite à la séparation des principes permanents des impermanents (ou aspects) par le terme tibétain de devachan (prononcé « dé-oua-tchan »). Ce terme évoque une « condition bienheureuse », un état béatifique et de bonheur parfait. Cette période est une nécessité de l’évolution qui permet le développement de l’âme (le penseur), en la plongeant dans l’épanouissement et l’utilisation des idéaux qu’elle a engendrés pendant la vie.
« La division post mortem de notre constitution septuple, telle que la donne la Théosophie, est précise. Elle fait ressortir ce qui est la base de la vie, de la mort et de la réincarnation. Elle présente l'être composé qu'est l'homme, en analogie avec cet autre composé : la Nature. Tous deux sont une unité [septuple] dans la diversité. L'homme, suspendu dans la Nature, divise et réunit, tout comme elle. […]
« Étant un état de bonheur subjectif prolongé, après la mort du corps, le devachan est sans aucun doute le Ciel des chrétiens, avec une différence cependant. C'est un Ciel rendu scientifiquement possible. Car le Ciel lui-même doit être en harmonie avec les divines lois projetées dans la Nature. Tout comme le sommeil est une relaxation des liens du corps, pendant laquelle nous faisons des rêves, de même la mort est une séparation et une délivrance complètes, après quoi nous rêvons en devachan jusqu'à ce que, en nous réincarnant dans un nouveau corps sur terre, nous reprenions ce que nous appelons l'existence de veille. Même l'âme humaine se fatiguerait de cette ronde incessante de renaissances s'il n'existait pas pour elle un endroit, ou un état, prévu pour qu'elle puisse y obtenir le repos, et que ses aspirations en germe, entravées par la vie terrestre, aient la possibilité d'y atteindre leur plein développement. Aucune énergie ne peut être annihilée et, moins que toute autre, une énergie psychique ; il faut qu'elle trouve quelque part une issue. C'est en devachan qu'elle la trouve, et cette réalisation constitue le repos de l'âme. C'est là qu'elle jouit de ses désirs les plus profonds, et trouve satisfaction à ses besoins les plus élevés. Là, toute espérance s'épanouit en une floraison parfaite et glorieuse. […]
« La vie en devachan comprend un développement des aspirations, passant par des stades variés ˗ tous pénétrés de félicité ˗ allant de la gestation à la naissance, puis à la croissance accumulant les expériences, laissant place progressivement à un mouvement de déclin et au passage à un autre état. Il n'y a rien dans le seul fait de mourir qui puisse rénover une âme. Elle est constituée d'un groupe d'énergies psychiques avec lesquelles le Ciel doit avoir quelque chose de commun, sinon pourquoi graviterait-elle vers cet état ? Les âmes diffèrent entre elles comme les hommes. En devachan, chacune reçoit la part de béatitude qu'elle peut assimiler ; son propre degré de développement déterminant la qualité de sa récompense. […] Les lois de cause et d'effet s'opposent à ce que le devachan soit monotone. Les résultats récoltés sont proportionnés aux énergies qui les ont créés. L'âme oscille entre le devachan et la vie terrestre, trouvant en chacun de ces états des conditions qui répondent aux besoins de son développement continu, jusqu'à ce qu'enfin, par l'effort accompli, elle atteigne à une perfection où elle cesse d'être assujettie aux lois d'action et de réaction, en devenant au contraire leur collaborateur conscient.
« Le devachan est un rêve, mais seulement dans le sens où nous pouvons appeler ainsi la vie objective. L'un et l'autre durent jusqu'à ce que le karma soit satisfait dans une certaine direction et qu'il commence à se manifester dans l'autre. L'être en devachan n'a aucune notion d'espace ou de temps, en dehors de celle qu'il se forge lui-même. Il se crée son propre monde. Il se trouve avec tous ceux qu'il a un jour aimés, non dans une proximité corporelle mais dans un rapprochement qui pour lui est réel, intime et béatifique. » - Extraits des Échos de l’Orient de W.Q. Judge – pp. 100 à 104.

Le retour à l’incarnation
Avant la naissance l’Ego a une vision prospective de la vie qui l’attend, il « perçoit, l’espace d’un instant, toutes les causes qui l’y ont conduit […] comprenant que tout est juste, que tout est le résultat de sa propre vie passée » - Lire les références à ce moment dans la Clef de la Théosophie (p. 177) et l’Océan de Théosophe (p. 123).

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